Médecin épinglé pour publicité

20 février 2003
La rédaction
NEUCHÂTEL Un gynécologue neuchâtelois, exerçant aussi dans un hôpital du canton, a écrit aux patientes de son cabinet pour annoncer l’ouverture 24 heures sur 24 d’une hotline sur son portable.
Il réserve toutefois ses consultations téléphoniques – «entièrement gratuites» -, à ses patientes assurées en privé et en demi-privé. Surpris des vagues que son idée provoque, alors que les principales intéressées la saluent, ce médecin espère juste contribuer à réduire les coûts de la santé en évitant des consultations superflues. Un but louable, qui n’a pas empêché mardi Monika Dusong, cheffe du Département neuchâtelois de la santé, de se déclarer choquée par ce qu’elle a qualifié de «racolage», en réponse à la question d’une députée redoutant une médecine à deux vitesses.
La Commission d’éthique des médecins neuchâtelois a d’ores et déjà écrit une lettre de réprimande au praticien. «Sans m’avoir entendu, on me reproche une sorte de publicité douteuse, déontologiquement interdite par notre code», résume le gynécologue. Qui ne cache pas sa surprise. «Mon seul but, c’est de faire évoluer les choses. De la pub? Mais je ne m’adresse qu’à mes propres patientes. Et je n’en accepte plus de nouvelles! Je n’ai de plus aucun intérêt personnel puisque ce service est gratuit», argumente-t-il. Quant au reproche d’une médecine à deux vitesses, il l’écarte aussi. «Personne ne s’offusque qu’un assuré en privé puisse se faire opérer par le spécialiste de son choix. Alors, voir mon idée ainsi contestée, alors qu’elle ne change rien pour les assurées de base… Ça me barbe.»
Plus de 200 de ses 5000 patientes se sont déjà inscrites. «Mais si on me l’impose, je supprimerai ce service.»

