Unger rêve d’un service de proximité pour l’Hospice

Laurence Bézaguet
Mardi 29 juillet 2003
L’arrivée d’un nouveau patron pourrait entraîner des modifications structurelles.
Servir davantage la population que l’institution à laquelle on appartient. Passer d’une logique institutionnelle, actuellement imposée au personnel, à une logique de service… voilà le futur Hospice dont rêve Pierre-François Unger.
Le patron du Département de l’action sociale et de la santé (DASS) s’est ainsi lancé dans une sérieuse réflexion sur le service public de proximité en matière notamment d’assistance, un système qui s’appuie beaucoup sur la structure des Cass (Centres d’action sociale et de santé).
Mais nous n’en sommes qu’au début, admet le magistrat démocrate-chrétien. Et avant de passer la vitesse supérieure, il faudra, il est vrai, d’abord convaincre les deux entités mammouths que sont l’Hospice et les Cass. Quelque 2 000 collaborateurs à elles deux, relève Pierre-François Unger.
Une chose semble pourtant se dessiner: après la nomination de Robert Cuénod comme délégué à l’intégration des étrangers (nos éditions du 2 juillet), son successeur à la tête de l’Hospice pourrait entamer des modifications structurelles au sein de cette institution. En relation avec trois gros chantiers en cours au DASS: la révision des lois de l’assistance publique et des Cass, ainsi que la création d’une loi-cadre sur l’harmonisation et la coordination des prestations sociales.
François Longchamp parmi les papables
Déjà les pronostics vont bon train. Et parmi les papables dont on parle, se dégagent pour l’heure les noms d’Albert-Luc Haering, secrétaire général de l’Hospice, Nicole Fichter, directrice des Cass, Christine Brennenstuhl, directrice adjointe de ces mêmes Cass et François Longchamp, directeur de Foyer Handicap.
Or, en raison vraisembablement de la profonde mutation qui pèse sur l’Hospice et sur l’ensemble du social, ces candidats se font discrets. Sans compter que les rapports tendus entre le DASS et l’Hospice, secret de polichinelle pour la Genève sociale, ne favorisent pas les motivations! Nous n’avons pas pu joindre Nicole Fichter, mais les trois autres papables ne sont guère prolixes. Il est prématuré d’en parler; le conseil de direction de l’Hospice vient à peine de lancer l’appel d’offres. Je n’ai donc pas de commentaire à faire, déclare Albert-Luc Haering. Cet ancien consultant dans le domaine de la santé, du social et de la culture travaille à l’Hospice depuis trois ans.
Femme dite d’autorité, Christine Brennenstuhl se déclare, elle, surprise d’être mentionnée et… pas intéressée! Il faut dire qu’elle a démarré sa nouvelle activité aux Cass, il y a seulement quelques mois, après treize ans passés à l’Hospice.
Appel d’offres interne et externe
No comment, répond enfin François Longchamp. Candidat malheureux à la dernière élection partielle au Conseil d’Etat (battu par le socialiste Charles Beer), ce radical, à qui tout avait réussi jusqu’alors, a sans aucun doute un profil idéal pour reprendre les commandes de l’Hospice. Pragmatique, bon gestionnaire, il a déjà redressé la situation financière à Foyer Handicap. Secrétaire général efficace du DASS, sous l’ère Segond, sa fibre sociale parle en outre favorablement pour lui. Mais à 40 ans, François Longchamp pense vraisemblablement davantage à un autre défi: celui de tenter à nouveau d’être élu au Gouvernement cantonal dans deux ans…
Le président de l’Hospice Général Claude Torracinta réplique, quant à lui, qu’aucun nom n’a été formulé et aucun contact pris pour l’instant. Et de persister et signer comme dans nos éditions du 2 juillet: Nous comptons sur un appel d’offres interne et externe pour trouver un bon remplaçant d’ici à la fin de l’année.
Rappelons que c’est le conseil d’administration de l’Hospice qui nommera le nouveau directeur. Au Conseil d’Etat de ratifier ensuite le choix.
Un toit unique pourles têtes du DASS!
Le DASS qui déménagerait de la Vieille-Ville à Carouge? Le scénario n’est pas si fou qu’il n’y paraît! Pierre-François Unger profite en effet aussi de la période estivale pour mener une autre réflexion. C’est vrai que j’ai visité des locaux à Carouge, mais aussi à Chêne-Bourg, ne cache pas le magistrat démocrate-chrétien qui souhaiterait en effet réunir sa garde rapprochée sous un même toit.
Pierre-François Unger affirme en outre qu’il avait déjà proposé au Conseil d’Etat de se trouver une localisation commune, mais l’opportunité financière ne s’est pas présentée, regrette le patron du DASS, convaincu que le travail de proximité est toujours plus efficace: Nous perdons beaucoup de temps et de moyens à nous réunir entre toutes les directions du département.
Mais le prix de location pourrait là encore faire échouer son projet de toit unique pour les têtes du DASS!

