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Un jour, il y aura un vaccin


Jeudi 31 juillet 2003
Francine Brunschwig

Editorial de Francine Brunschwig suivi par les réflexions de Nelson Serathiuk et Jean-Marie Vodoz.

D’abord ce sont eux qu’il faut remercier. Les douze volontaires qui, dès lundi prochain, recevront au CHUV à Lausanne une première injection d’un vaccin préventif contre le sida. Ils seront douze aussi à Londres où les tests sont menés en parallèle. Il faut leur rendre hommage car ils font avancer la recherche d’un vaccin contre le sida dont, vingt ans après les premières descriptions du virus VIH, on ne voit toujours pas encore la plus petite apparition. Ce ne sont pourtant pas les essais qui manquent de par le monde. Rien qu’à l’Institut Pasteur, quinze équipes travaillent en permanence sur le sida, dont une bonne partie sur des vaccins. Mais jusqu’à présent, le virus — en constante mutation et prenant la forme d’innombrables sous-types — se joue toujours de toutes les protections qu’un vaccin est censé mettre sur son chemin.
Dernièrement encore, lors de la récente conférence internationale sur le sida qui s’est tenue à Paris, les chercheurs ont plus ou moins admis qu’il n’y aura pas de vaccin contre le sida avant dix ans. Mais le constat n’empêche pas l’espoir. Car au bout du compte, pour autant que l’on y mette les moyens nécessaires, il y aura un vaccin. De cela, les chercheurs en sont aussi convaincus. On ne peut imaginer, à long terme, qu’avec une maladie qui compte 42 millions de personnes touchées, qui infecte chaque année 5 millions d’individus de plus et en tue 3,1 millions, le monde puisse se passer d’un vaccin.
Chaque nouvelle étude, comme celle de Lausanne qui explore la voie de la défense immunitaire (tester la capacité des lymphocytes, dits «cellules tueuses», de détruire le virus au moment où il se multiplie dans les cellules) apporte sa pierre à l’édifice. Et, des multiples essais qui chacun explore des voies différentes, jaillira un jour la lumière.