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Assurance maladie: «Couchepin triche»

Dimanche 14 septembre 2003
Ludovic Rocchi

CHRISTIANE BRUNNER La présidente socialiste espérait mieux du ministre des assurances sociales

BERNE Derrière les manifs sur l’AVS se profile une autre bataille, celle de la révision de la LAMal. Le PS annonce un référendum

Le front social se durcit. Entre deux manifs pour défendre les rentes, la présidente du Parti socialiste affûte ses armes pour contrer Pascal Couchepin sur le terrain des coûts de la santé. Ce weekend, Christiane Brunner a écrit aux délégués de son parti pour qu’ils soient prêts à lancer un référendum contre la révision de la loi sur l’assurance maladie (LAMal), que le Parlement doit voter lors de la session qui s’ouvre demain à Berne.

– Sur quel front social Pascal Couchepin est-il le plus critiquable à vos yeux?
– Il se veut plus discret sur le chantier des coûts de la santé, mais c’est dans ce domaine qu’il est le plus décevant. Il se contente de tricher, en camouflant la hausse des primes d’assurance maladie à coups de mesures artificielles (franchises plus élevées, etc.). A cette manière hypocrite de s’avancer, je préfère sa franchise dans le débat sur l’âge de la retraite.

– Comment pouvez-vous être déçue du radical Couchepin?
– J’imaginais qu’il se donnerait le temps de reprendre de manière plus cohérente le dossier difficile de l’assurance maladie. Après un premier refus du Conseil national en décembre dernier, il aurait eu l’occasion, en reprenant le département de Ruth Dreifuss, de solidifier une nouvelle révision de la LAMal. Il ne l’a pas saisie, et nous allons devoir trancher lors de cette session des Chambres fédérales.

– Pourquoi envoyez-vous ce week-end déjà une lettre de convocation aux délégués de votre parti en vue de lancer un référendum contre cette révision de la LAMal?
– Il paraît clair que la majorité de droite va bétonner la révision. Il vaut donc mieux prendre les devants pour être prêts à lancer le référendum dès le vote final du Parlement. Notre assemblée des délégués doit en décider le 5 octobre prochain.

– Pourquoi cette détermination?
– Il faut savoir que les solutions imposées par la majorité bourgeoise n’auront aucun effet efficace sur la réduction des coûts de la santé, et que les primes pour les familles vont continuer d’augmenter, sans parler d’autres dégradations de la loi, notamment au détriment des soins à domicile et dans les homes.

– Après le cuisant échec populaire de son initiative pour des primes selon le revenu, comment le PS peut-il espérer être suivi?
– Notre initiative était sans doute trop compliquée, c’est bien pour cela qu’il faut espérer une nouvelle votation. Je suis persuadée qu’une majorité de la population est acquise à une meilleure prise en compte du revenu dans le calcul des primes. Or la révision qui s’annonce ne répond pas aux promesses faites, à savoir que les moyens prévus pour réduire les primes sont insuffisants et qu’ils dépendront du bon vouloir des cantons.