Serono a présenté des résultats exceptionnels au troisième t

Vendredi 24 octobre 2003
Daniel Eskenazi
BIOTECHNOLOGIE. Le bénéfice net de l’entreprise a progressé de 48,2%. Les ventes mondiales de Rebif, son médicament vedette, ont crû de 52,1%.
Les résultats financiers de l’entreprise de biotechnologie Serono ont atteint des sommets. «C’est le meilleur trimestre de l’histoire de Serono, avec une croissance du bénéfice net de 48,2% à 110,5 millions de dollars, porté par une forte progression du chiffre d’affaires dans chacun de nos domaines thérapeutiques», a relevé le directeur, Ernesto Bertarelli. La hausse est effectivement significative: 32,9%, soit 502,7 millions de dollars contre 372,8 millions l’année dernière durant la même période. «Le chiffre d’affaires est supérieur de 5% aux prévisions des analystes», relève Claudio Werder, chef de l’analyse financière dans les sciences de la vie chez Vontobel. La marge brute a atteint 85,8%, soit une hausse de 3,1% par rapport à 2002 (83,2%). Quant aux ventes de médicaments, elles ont aussi fortement progressé: 32,7% à 463,5 millions de dollars. Cette croissance est principalement due aux ventes du Rebif, le médicament vedette de Serono contre la sclérose en plaques. Sur le marché américain, elles ont même progressé de 179,8%. Par secteur, la hausse des ventes est générale: 59,4% pour la neurologie, 6,9% pour les traitements contre la stérilité et 12,2% pour les hormones de croissance. Un nouveau marché Mais l’activité de Serono a aussi été freinée. Son médicament Serostim, utilisé pour limiter la fonte musculaire des malades du Sida, n’a pas été homologué pour le traitement d’une maladie du colon. En revanche, un comité consultatif indépendant de la Food and Drug Administration (organisme américain de contrôle des médicaments) a donné le 30 septembre un avis favorable sur le médicament Luvaris, utilisé pour soigner une forme particulière de stérilité féminine. En règle générale, la FDA ne contredit pas la décision de ces experts. De fait, «la commercialisation du Luvaris devrait être autorisée d’ici à la fin de l’année», précise Andrew Galazka, vice-président senior des affaires scientifiques de Serono. Un marché potentiel de 40 à 50 millions de dollars s’ouvre ainsi à l’entreprise de biotechnologie. Concernant la recherche et le développement de nouveaux produits, une vingtaine de médicaments sont en phase de test. Parmi ces derniers, deux molécules au potentiel prometteur sont actuellement administrées à des personnes volontaires. Tout d’abord, la cladribine: elle pourrait remplacer à terme le Rebif. Si son efficacité est prouvée, elle constituerait le premier traitement de la sclérose en plaques administré par voie orale. Quant à la TACI-Ig, elle trouverait des applications dans le traitement de plusieurs maladies auto-immunes. Une diversification qui devrait permettre à Serono de poursuivre sa croissance.

