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La neurobiologie pour traiter la schizophrénie

Trois questions à Kim Quang Do Cuenod

Jeudi 20 novembre 2003
B. Ds

Avec la Fondation Alamaya, la cheffe du laboratoire universitaire de neurosciences psychiatriques de Cery réunit des fonds pour développer une alternative prometteuse au traitement de l’une des maladies psychiques les plus inquiétantes.

La chimie et la biologie du cerveau humain n’ont plus de secrets pour le docteur Kim Do Cuénod, responsable du LUNEP ou Laboratoire universitaire des neurosciences psychiatriques au département de psychiatrie du CHUV, à Cery. Avec le comité de la Fondation Alamaya, la chercheuse est en quête de fonds afin de développer un médicament qui traiterait, non plus les symptômes, mais une des causes de la schizophrénie. Une pers
pective prometteuse et pleine d’espoir pour une affection qui reste très inquiétante pour le public.

- Mais qu’est-ce, au juste, que la schizophrénie?
– Dans le langage courant l’on dit qu’il s’agit d’un dédoublement de la personnalité. Ce n’est pas cela, même s’il arrive à celui qui en est atteint de se prendre pour Jésus ou Napoléon… Pour nous, il s’agit avant tout d’une maladie du cerveau qui provoque des hallucinations, voire des délires, avec une perte des fonctions cognitives, de la mémoire courte, d’où, parfois des incohérences dans le langage. Avec ses troubles de la personnalité, elle est une affection très invalidante pour les patients et, par là, continue d’être perçue comme honteuse; on en parle moins que du cancer. Ceci bien qu’en Suisse 70 000 personnes en souffrent, soit 1% de la population, et qu’elle coûte près de 3 milliards de francs par an.

- Comment sont traitées les personnes atteintes?
– Le traitement classique vise moins les causes que les symptômes par la prise de médicaments antipsychotiques ou neuroleptiques. Ceux-ci sont efficaces pour la symptomatologie lourde comme les hallucinations et les délires. Mais moins performants pour atténuer les pertes de mémoire, par exemple.

- Vous fondez beaucoup d’espoir sur une nouvelle thérapie médicamenteuse?
– En effet, au LUNEP nous formulons une hypothèse neurobiologique de la schizophrénie. Sommairement expliqué, nous avons démontré, chez des patients et des animaux, qu’un déficit dans la substance nommée glutathion serait à l’origine de la maladie. Le phénomène observé pourrait être à la base d’un mauvais développement des connexions entre les différentes parties du cerveau et, par là, entraîner les troubles de la schizophrénie. On doit encore vérifier l’hypothèse glutathion. Mais l’étude est prometteuse et devrait conduire à détecter précocement la maladie et à la traiter ainsi plus efficacement.

UTILE
Soirée de gala du Zonta-Club de Lausanne (club service de femmes dirigeantes), en faveur de la Fondation Alamaya. Chez Barnabé à Servion, le 22 novembre, dînerspectacle (revue). Inscriptions: 021 459 15 38. Sites internet: http://www.alamaya.net http://www.lilot.org