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Comparaisons à en perdre la raison


Mardi 23 décembre 2003
Georges-Marie Bécherraz

PRIX EFFECTIFS La valeur initiale du point diffère d’un canton ou d’une région à l’autre pour des raisons historiques difficilement justifiables. Des réajustements ne sont pas exclus.

Tarmed va enfin permettre des comparaisons sur l’ensemble du territoire suisse. Cela se vérifie avant même toute analyse statistique des prestations par canton ou par région. La première de ces comparaisons saute aux yeux, C’est celle de la valeur initiale du point, donc de la facture réelle pour des prestations identiques. Là, on reste perplexe devant les données publiées par Santésuisse, le groupement des assureurs maladie, lesquelles reflètent l’aboutissement des négociations. En effet, les valeurs de points réglées par convention diffèrent dans des proportions difficilement justifiables.
Au 1 er janvier 2004, la consultation de cinq minutes chez un médecin privé (17,76 points) sera ainsi facturée 16 fr. 33 dans le canton de Vaud, 13 fr. 85 en Valais et 17 fr. 40 à Genève. Pire encore, cette même prestation fournie par un hôpital public coûtera 17 fr. 58 à Lausanne, 15 fr. 62 à Genève et 17 fr. 22 à Zurich.
Résultat à la fois de considérations politiques et économiques, cette valeur du point répond aux principes de la neutralité des coûts sans lequel Tarmed n’aurait jamais pu voir le jour. Afin de porter atteinte ni aux dépenses des assureurs ni aux revenus des médecins, il a été décidé de déterminer une valeur de point sur la base des coûts des années 2001 et 2002, passés à la moulinette de la tarification Tarmed. La pertinence de ce gigantesque brassage statistique devra être démontrée d’ici au mois d’avril et des ajustements ne sont pas exclus. On saura notamment si le Valais a joué le même jeu que les autres pour parvenir à une valeur de point aussi faible. Et si les chiffres valaisans correspondent vraiment à la réalité, il sera temps alors de poser de très embarrassantes questions sur le tapis.
Pour ce qui concerne les hôpitaux publics, une partie de la réponse réside dans le fait qu’ils pratiquent le tiers payant, c’està-dire que le patient n’a pas à avancer lui-même le montant de la facture. Mais cela n’explique pas pourquoi Zurich est moins chère que Lausanne et il est difficile d’admettre que si les Romands ont davantage recours au médecin que les Alémaniques, ils paient plus cher pour le même service.