Cinq médecins jugés pour avoir prescrit du cannabis à leurs

Mercredi 21 janvier 2004
Patrick Di Lenardo
NEUCHÂTEL «On traîne des médecins devant la justice comme s’ils étaient de petits dealers!» tonne un praticien neuchâtelois devant le Tribunal de police du lieu. A l’instar de quatre autres confrères, il comparaissait hier pour avoir prescrit du cannabis à un patient déses
péré par la maladie. Risquant chacun 100 francs d’amende, les prévenus sont «tombés» dans le cadre de l’affaire Rappaz. Ils avaient signé des attestations pour que leurs malades puissent commander des dérivés du cannabis chez le chanvrier valaisan.
Si le chanvre est reconnu comme médicament dans d’autres pays, la Suisse fait encore obstacle. «Ce n’est pas parce que la législation a du retard qu’il faut faire des misères à ces médecins qui aidaient leurs patients», tempête un des avocats des médecins. Les prévenus auraient certes pu emprunter la voie légale, en prescrivant du Marinol, un médicament à base de cannabis synthétique. «La procédure pour obtenir ce produit est longue et compliquée, alors que nous devions agir dans l’urgence», a relevé un prévenu. Le jugement interviendra dans quinze jours. La défense demande l’acquittement pour les cinq accusés. Une trentaine de médecins de divers cantons avaient été dénoncés dans l’affaire Valchanvre SA.

