La volaille asiatique n’a plus la cote en Suisse depuis deux

Mercredi 28 janvier 2004
Florencio Artigot
Quelque 12,5% des importations de poulet provenaient encore récemment de Thaïlande.
Une cargaison de près de 300 tonnes de poulets thaïlandais à destination de la Suisse a été refusée mardi par l’Office vétérinaire fédéral (OVF). Celui-ci avait interdit à la fin de la semaine dernière l’importation de viande de volaille, d’œufs et de plumes de pays asiatiques frappés par la grippe aviaire. Le bateau transportant les volailles congelées avait pourtant quitté la Thaïlande il y a trois semaines. Mais l’OVF est resté strict. «Le refus de la cargaison thaïlandaise constitue une mesure de précaution», remarque Marcel Falk, son porte-parole.
La volaille asiatique, même moins chère, n’a plus la cote depuis la grippe aviaire chinoise de 2002. L’année passée, la Suisse a pourtant importé près de 5000 tonnes de viande de poulet en provenance de la Thaïlande ainsi que 500 tonnes de viande de volaille chinoise. Le poulet thaï représentait 12,5% des importations avant l’interdiction de l’OVF et 6,3% de la consommation totale en Suisse. Depuis l’interdiction d’importation décrétée par Berne, les grandes centrales d’achat helvétiques ont commencé à se tourner vers des producteurs plus fiables, comme le Danemark.
Flairant la bonne affaire, Rose Poultry, le numéro un de la volaille danoise, a déjà réagi. Ce géant qui exporte les deux tiers de ses poulets va réorienter une partie de ses ventes à faible marge à destination du Moyen-Orient vers l’Europe, notamment la Suisse, mais aussi l’Allemagne, les Pays-Bas et la Grande-Bretagne. «Nous recevons beaucoup plus de demandes que d’habitude, dans un marché nerveux et instable», explique son directeur Per Moeller.
Ce n’est pas la première fois que les exportateurs de volailles du Sud-Est de l’Asie sont écartés du marché suisse. Migros avait déjà rayé de la liste les producteurs asiatiques en 2002. «En deux ans, nous avons remplacé le poulet asiatique par de la volaille importée du Danemark, de Hongrie, de Pologne, d’Allemagne et de France», précise Monika Weibel, porte-parole de la coopérative orange. Le malheur des producteurs thaïlandais fait le bonheur de l’industrie aviaire européenne.

