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Le Genevois Jacques de Haller présidera la FMH


lundi 28 juin 2004

Le généraliste genevois l’emporte sur le Vaudois Yves Guisan.

Le généraliste genevois Jacques de Haller a été élu à la présidence de la Fédération des médecins suisses (FMH) samedi à Bienne. Il l’a emporté au 5e tour de scrutin, par 101 voix contre 75 à Yves Guisan.

M. de Haller, 52 ans, succède à Hans Heinrich Brunner, nommé fin avril par Pascal Couchepin à la tête du secteur assurance maladie de l’Office fédéral de la santé publique. Outre le chirurgien et conseiller national Yves Guisan (PRD / VD), les gastro-entérologues alémaniques Max Giger et Ludwig Heuss étaient en lice.

Cohésion interne

Jacques de Haller, dont le cabinet se situe à la rue Dancet est connu à Genève pour ses prises de positions. Certains membres de l’Association des médecins du canton de Genève (AMG) le taxent même de gauchiste. « Les médecins suisses gagneraient beaucoup à laisser de côté un peu de ce prestige auquel ils tiennent tant », estime-t-il. Dans le contexte politique actuel, « le corps médical a besoin d’un renouvellement authentique et profond de son organisation faîtière ». Sa priorité ira à la cohésion interne de la FMH, « passablement secouée ces derniers temps », a-t-il indiqué.

Il souhaite exercer une présidence « qui rassemble, qui motive et qui permette à chacun d’exercer la médecine avec plaisir et fierté », bref « redonner la pêche » aux médecins.

« La relation médecin-patient est un espace tabou »

M. de Haller est opposé au projet de suppression de l’obligation de contracter pour les assureurs: « La relation médecin-patient est un espace tabou. La perte du libre choix du médecin interférerait profondément dans la relation thérapeutique. Il n’est donc pas question d’entrer en matière là-dessus. »

Au sujet des coûts de la santé le généraliste prône un certain pragmatisme. Baisser les coûts de la santé, c’est impossible ; on ne peut que freiner leur augmentation », déclarait-il dans nos colonnes peu avant son élection ( voirenos éditions du 25 juin). Le système des primes maladie pourrait par ailleurs être modifié si l’on souhaite conserver une médecine efficace. Dans la même interview Jacques de Haller avançait trois hypothèses: « Les fixer en fonction du revenu, comme le proposent les socialistes ? Effectuer un prélèvement à la source ? Ou par le biais de la TVA ? A voir. »

Ce spécialiste occupe actuellement la présidence de la Société suisse de médecine générale. Il doit prendre ses nouvelles fonctions à la FMH début juillet. Pour l’instant il entend partager son temps entre Berne et Genève, où il compte garder une activité en cabinet privé à 20 ou 30% .. « Avec le travail à distance que permet l’informatique cela doit être jouable », estime-t-il.

Désaveu

Bien que « largement » réélu à la vice-présidence de la FMH, Yves Guisan, 63 ans, a admis que sa non-élection à la présidence constitue un « désaveu ». Il craint qu’une partie de l’impact de ses déclarations ne soit perdue auprès de ses collègues aux Chambres fédérales.

Le conseiller national avait mis en avant, lors de la campagne, son expérience politique pour défendre les intérêts de la médecine face au « redoutable tandem Couchepin-Brunner ». « L’émotionnel l’a emporté sur le politique », a analysé M. Guisan. Selon lui, les médecins assistants ont fait la différence en reportant finalement leurs voix sur Jacques de Haller. Il estime qu’il n’a pas suffisamment été compris par les jeunes médecins, qui voulaient une personne plus proche d’eux, notamment par l’âge.

ATS-CS