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Les œstrogènes ne réduisent pas le risque de démence, au con


mardi 29 juin 2004

MEDECINE. Une étude contredit les suppositions admises sur certaines thérapies hormonales

Jusqu’ici, l’administration d’hormones sexuelles semblait constituer une solution possible pour freiner l’apparition de démences, en particulier de la maladie d’Alzheimer, chez les femmes postménopausées âgées. Dans le Journal of the American Medical Association du 23 juin, des chercheurs de l’Université de Winston-Salem (Etats-Unis) montrent au contraire que ces traitements augmentent le risque de telles affections.

Un médecin relativise

Ces recherches initiées en 1995 dans le cadre d’une vaste étude sur les thérapies hormonales (WHIMS) ont impliqué quelque 7500 femmes âgées de 65 à 79 ans. Un mélange d’œstrogènes et de progestérone a d’abord été testé, mais l’expérience a été stoppée en 2002 en raison d’effets cardio-vasculaires secondaires. Il s’est toutefois avéré que le traitement avait doublé les risques de démences, sans améliorer les fonctions cognitives globales (mémoire, concentration, langage, etc.). Les scientifiques ont alors voulu vérifier si l’administration d’œstrogènes seuls – thérapie typiquement utilisée chez les femmes ayant subi une ablation de l’utérus – pouvait être bénéfique. Mais les résultats ont à nouveau contredit les suppositions. «En transposant ceux-ci à une population de 10 000 personnes traitées, cela correspond à 12 cas de démence en plus par an», selon l’étude.

Les conclusions de ces premiers essais thérapeutiques étonnent Frédéric Assal, médecin adjoint en neurologie aux Hôpitaux universitaires de Genève: «On s’attendait effectivement à des résultats diamétralement opposés.» Et le scientifique de tenter une explication: «A l’inverse de ce qu’on croyait par le passé, les liens entre pathologies cérébrovasculaires et maladie d’Alzheimer sont forts. Or, c’est peut-être via ces pathologies que ces hormones pourraient avoir un effet.»

Le médecin tient toutefois à relativiser ces données au caractère alarmiste: «Après cette première étude, il faut en attendre d’autres pour tirer des conclusions. De plus, ces recherches impliquent des personnes d’un certain âge traitées sur de longues périodes. Les femmes plus jeunes qui viennent de vivre leur ménopause, et à qui une thérapie hormonale de courte durée est parfois prescrite, ne sont pas directement concernées.»