La grande colère des infirmières scolaires

Vendredi 27 août 2004
La prévention de la santé des élèves est en péril. Cinq nouveaux postes demandés.
« Il est devenu impossible de remplir notre mission telle qu’ elle est définie par la loi. Le travail ne se fait plus que dans l’urgence. Nous demandons aux autorités l’allocation d’un dépassement de crédit extraordinaire permettant la création de cinq nouveaux postes », s’ exclament d’une seule voix les membres de la délégation du personnel infirmier du Service santé jeunesse (SSJ), réunies hier au siège du syndicat SIT.
A 10 h ce matin, ces dernières rencontrent Charles Beer, conseiller d’E tat en charge du Département de l’instruction publique afin de lui faire part de leur décision de ne pas se rendre dans les nouveaux établissements scolaires faute d’infirmières disponibles. Un débrayage est aussi organisé entre 11 h et 12 h.
« Actuellement, il y a une infirmière pour plus de 2000 élèves, alors que le ratio devrait être d’une professionnelle de la santé pour 1200 enfants », explique Madeline Gros, l’une des délégués. Restrictions budgétaires obligent, il n’y a pas eu de réelle augmentation des postes du personnel infirmier. Alors que 1000 jeunes de plus débutent les cours cette année. « Depuis 1999, nous sommes obligées de « bricoler » avec des postes auxiliaires », assure Brigitte Schneider, une représentante du SSJ.
Une situation qui a entraîné une réduction des prestations. « A partir de la rentrée 2004, il n’y aura plus de visites de santé systématiques dans les classes de 3e primaire. Le temps consacré à chaque consultation sera réduit et il n’y aura plus d’accompagnement durant les journées sportives et les camps, sauf exception. » Des faits confirmés par la direction du SSJ. « La demande de cinq postes supplémentaire correspond à des besoins bien réels », souligne Paul Bouvier, directeur de ce service.
A cela s’ ajoutent une très forte augmentation des cas de maltraitance, une recrudescence d’ « enfants clandestins » et une demande toujours plus importantes de consultations gratuites.
Les infirmières du SSJ ont pour mission d’intervenir dans toutes les écoles, publiques et privées, de l’enseignement obligatoire et postobligatoire, ainsi que dans les institutions de la petite enfance (garderies, crèches, jardins d’enfant).
« Notre demande de cinq postes supplémentaires est un minimum. En réalité, nous aurions besoin de sept à onze infirmières de plus à plein temps », conclut l’une d’entre elles.
LINN LEVY

