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« Dommage d’arrêter si jeune !»


Lundi 30 août 2004

JEAN-CHARLES GERSTER Rhumatologie.

C’est parce qu’il aime bien le contact avec les personnes âgées, que les articulations l’ont toujours intéressé et qu’il souhaitait une spécialité qui englobe tout l’organisme que Jean-Charles Gerster a choisi la rhumatologie.

Médecin-chef au service de rhumatologie, médecine physique et réhabilitation du CHUV, responsable notamment de la consultation ambulatoire, Jean-Charles Gerster est un Genevois qui aime beaucoup Lausanne. Mais il a toujours gardé un domicile dans chaque ville. Pour ce qui est de l’accent, il a conservé celui du bout du lac !

C’est au Canada, à Toronto, après ses études à Genève et une formation en médecine interne, qu’il s’est attelé à la rhumatologie. Retour en Suisse comme chef de clinique à Genève, puis arrivée en 1976 à Lausanne comme médecin adjoint au service de rhumatologie, dirigé alors par le professeur Saudan. Avant que la rhumatologie ne soit reconnue comme une sous-spécialité de la médecine interne, on parlait du service de physiatrie.

Nommé privat-docent, puis professeur, Jean-Charles Gerster a publié de très nombreux travaux sur les rhumatismes microcristallins (la goutte notamment). Il fut parmi les premiers, en Europe, à décrire l’arthrite de Lyme, une maladie rhumatismale induite notamment par les piqûres de tiques.

C’est lui aussi qui a introduit en Suisse romande, dans les années 1980, le terme français de fibromyalgie, soit la traduction du mot anglais. Jusque-là, on parlait de douleur fonctionnelle pour désigner cet état douloureux chronique qui touche en majorité des femmes. Avec Genève, il affirme avoir collaboré de manière optimale, en réalisant notamment plusieurs études communes.

« En matière de traitements, les progrès ont été considérables, analyse le rhumatologue. Lorsque j’ai commencé, il n’y avait que l’aspirine et l’indocid. » Il se souvient de l’arrivée bienvenue du Voltarène, au milieu des années 1970.

Satisfait de sa carrière qui a évolué de manière harmonieuse, Jean-Charles Gerster avoue que « cela l’embête d’arrêter si jeune !». Il gardera donc un pied dans la maison comme médecin bénévole (un ou deux après-midi par semaine) et ouvrira un cabinet privé. Mais il se réjouit aussi d’avoir du temps pour marcher, nager, voyager et lire.

F. Bg