Trois éminents professeurs du CHUV partent à la retraite

Lundi 30 août 2004
DÉPARTS Médecine interne, néphrologie pédiatrique et rhumatologie: chacun dans leur domaine, Peter Burckhardt, Jean-Pierre Guignard et Jean-Charles Gerster furent des patrons marquants. Fin août, ils s’en vont. A regret !
« La jeunesse va me manquer !» PETER BURCKHARDT Médecine interne.
« Je vais regretter le contact quotidien avec la jeunesse. Les étudiants et les assistants vont me manquer !» A quelques jours de quitter son bureau, le professeur Peter Burckhardt, chef du service de médecine A, évoque avec une grande satisfaction le CHUV, « cet outil magnifique », et sa carrière lausannoise. Pour ce Bâlois diplômé de l’Uni de Bâle, elle a commencé en 1968 lorsqu’il est arrivé comme assistant du professeur Alfredo Vannotti.
Deux ans au Massachusetts General Hospital à Boston lui ont donné les bases de sa spécialisation, l’endocrinologie. C’est ainsi que Peter Burckhardt, qui fut durant dix ans chef du département de médecine interne (il est resté chef de service), a pu s’épanouir à la fois dans la médecine interne générale et dans ce qui est devenu sa spécialité, l’endocrinologie et le métabolisme osseux et du calcium. Expert en ostéoporose, il a notamment mis en évidence le lien entre la maladie et la nutrition. Fondateur de l’Association suisse contre l’ostéoporose, il a organisé de nombreux congrès internationaux.
Longtemps président de la Société suisse de médecine interne, il a toujours défendu l’approche globale du patient qui est le propre de la médecine interne générale. « Je définis cette dernière comme une sorte de fourre-tout où il faut faire la synthèse de toutes les propositions diagnostiques et thérapeutiques des autres: c’est un bel exercice. » Au CHUV, il a créé la consultation d’obésité et initié une réflexion sur la mort à l’hôpital.
Sa plus grande satisfaction est de constater que ses principaux collaborateurs et leurs domaines respectifs, qu’il a contribué à développer, se sont vus confirmés par la Faculté de médecine. Dans sa leçon d’adieux, le professeur plaidera pour une médecine de progrès mais qui doit impérativement proposer des stratégies d’économie si elle veut préserver les acquis. « J’ai débuté à une époque où il fallait se montrer économe. Je suis en faveur de systèmes de contrôle transparents et décidés en accord avec le corps médical. » Encore plein d’énergie, le professeur ouvrira un cabinet privé. Passer davantage de temps avec son épouse, reprendre le piano et le dessin font aussi partie de ses projets.
FRANCINE BRUNSCHWIG

