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Editorial : Ça fait mal, docteur Couchepin


Mercredi 29 septembre 2004

Pascal Couchepin ne veut plus faire de l’annonce des primes d’assurance maladie une grand-messe, comme elle l’était du temps de Ruth Dreifuss. Le conseiller fédéral souhaite peut-être responsabiliser davantage les caisses, mais surtout il rêve de dépassionner le débat. Toutefois, les assurés ne doivent pas être dupes. Certes, on n’assiste plus à une augmentation choc de près de 10% comme en 2003. Mais une fois encore, les primes prennent l’ascenseur. Et malheureusement les salaires ne suivent pas la même courbe ascendante. Le discours rassurant de Pascal Couchepin qui se félicite d’une « hausse modérée » ne correspond donc pas du tout à la réalité vécue par de nombreux ménages.

Le chef du Département fédéral de l’intérieur omet également de mentionner que l’augmentation des franchises est un transfert de charges sur les assurés. Pas un mot pour les 19-25 ans, principales victimes de l’automne. En moyenne suisse, ils paieront 5,5% de plus pour l’assurance de base. Les jeunes Vaudois sont particulièrement mal lotis avec une hausse de 7,4%. Quelle réalité se cache derrière ces chiffres ? Certainement la volonté, à terme, de supprimer tout privilège pour cette catégorie d’âge. Les nouvelles franchises constituent aussi un risque non négligeable, notamment pour les jeunes. Certains jetteront leur dévolu sur la franchise maximale, fixée à 2500 francs. Il n’y pas de petites économies. Mais où trouveront-ils cette somme en cas de gros pépin ?

Finalement, de petites innovations et les déclarations optimistes de Pascal Couchepin n’ont-elles pas un double objectif ? D’une part faire oublier son incapacité à proposer de véritables solutions pour réformer le système suisse de la santé. D’autre part, couper l’herbe sous les pieds des défenseurs d’une caisse unique.

Vincent Bourquin