Editorial : Les primes, l’impasse

Mercredi 29 septembre 2004
Le miracle ne s’est pas produit cet automne. Les primes d’assurance maladie continueront de peser lourd sur le budget des assurés. Certes la hausse sera moins forte en 2005 que les années passées. Elle atteindra en moyenne 3,7% pour les adultes. Il y a une petite amélioration. Mais pas de quoi pavoiser. Car cette situation est perverse. Si l’augmentation a pu être contenue, c’est grâce aux mesures prises par la Confédération dans le domaine des franchises et dans celui de la participation aux frais. Il y a eu donc un transfert de charges. Les assurés et les malades paient d’une manière différente. Et surtout ces décisions n’ont pas réussi à freiner les coûts de la santé. Le mal n’a pas disparu.
Quel remède alors ? D’autant plus que la facture s’annonce salée pour les jeunes et les familles. Eh bien, les assurés sont condamnés à prendre leur mal en patience. Le dossier est bloqué au Parlement, faute de majorité. Chaque partie campe sur ses positions. Pourtant des solutions sont envisageables. Mais cela exige des sacrifices de part et d’autre.
Ainsi la mise en réseau des médecins, comme le souhaite Pascal Couchepin, serait une de ces possibilités. Cela permettrait des économies. On parle de 30%. Cette mesure pourrait être accompagnée de la levée de l’obligation de contracter. Une hérésie pour les médecins et pour de nombreux assurés qui tiennent au libre choix de leur praticien. Il y a aussi la mise en place de la carte du patient. Elle éviterait les doublons. Dans le volet social, même blocage. Pour soulager les familles, on pourrait toutefois envisager un allégement ou la gratuité des primes pour les enfants. Des propositions sont sur la table.
Les idées ne manquent pas, mais trop d’intérêts divergents sont en jeu. Les assurés sont en droit d’espérer que le Conseil fédéral et le Parlement prennent leurs responsabilités afin de sortir de l’impasse.
Anne Dousse

