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Les efforts financiers des assurés atténuent la hausse des p


Mercredi 29 septembre 2004

ASSURANCES. Les primes augmenteront en moyenne de 3,7% en 2005, contre 4,3% cette année et bien plus auparavant. En Suisse romande,Genève, Vaud et le Jura restent en-deça du seuil national, les plus fortes hausses ayant lieu dans les cantons moins chers. Les rabais pour les 19-25 ans sont rabotés sévèrement

La participation exigée de la part des assurés a un peu porté ses fruits, mais pour combien de temps? En 2005, les primes d’assurance maladie devraient augmenter de 3,7% en moyenne nationale, soit moins que cette année (4,3%) et surtout que le début des années 2000, où la hausse flirtait avec les 10 points. Cette modestie ne change toutefois rien à la situation sur le front de l’assurance maladie.

La hausse atténuée résulte d’abord des efforts des assurés eux-mêmes, par le biais de l’augmentation de la franchise minimale (230 à 300 francs) et de la participation aux frais (600 à 700 francs) ainsi que de la réduction des rabais sur les franchises élevées. Avec l’introduction de nouvelles franchises à option, cette dernière tendance va d’ailleurs se poursuivre. En même temps, les caisses se sont refait une santé financière en augmentant leurs provisions: «Celles dont les réserves sont suffisantes retrouvent un avantage concurrentiel et peuvent tempérer la hausse», indique Peter Marbet de Santésuisse. Le directeur suppléant de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), Daniel Wiedmer, relève de son côté que, pour la première fois, «la hausse des primes est inférieure à celle des coûts de la santé, soit 4 ou 5% par année».

La différence entre la hausse la plus faible (2,3% à Zurich) et la plus forte (5,3% à Saint-Gall) est sensiblement moins marquée qu’en 2004, où l’on bondissait de 0,8% à 7,2%. De manière générale, les chiffres traduisent un certain lissage. Ainsi, les cantons aux primes élevées connaissent une hausse modeste, et les régions bon marché doivent subir un tarif qui prend l’ascenseur. Le Valais, qui reste le canton romand le moins cher, accuse une hausse moyenne de 4,9%, alors que le Jura, Vaud et Genève sont en dessous du seuil national des 3,7%.

Ce relatif rabotage des extrêmes s’observe aussi à propos des jeunes adultes. Selon la loi, les caisses peuvent accorder une réduction aux 19-25 ans, et certaines ne s’en sont pas privées, alléchées par cette «catégorie intéressante», relève Peter Marbet. Des assureurs sont allés jusqu’à 50% de remise, alors que la gestion d’un compte, même pour un assuré qui ne va jamais à l’hôpital ou chez son médecin, coûte déjà 2000 francs en raison de la répartition des risques entre les caisses. En 2005, le retour de boomerang sera sévère: 5,5% de hausse moyenne nationale, jusqu’à 7,8% à Genève pour une franchise de 300 francs. Les familles ont quand même droit à une bonne nouvelle: les primes pour enfants restent quasiment inchangées – en moyenne toujours.

Pascal Couchepin s’est réjoui de la modération de la hausse prévue, disant attendre en plus les effets de TarMed. L’OFSP comme les assureurs restent d’une grande prudence, car rien n’annonce une maîtrise des coûts de la santé. Santésuisse estime même que les dépenses pourraient grimper de 6% cette année. Secrétaire générale de l’Association suisse des assurés, Claude Fontaine bondit: «Cette soi-disant hausse reste à démontrer, les caisses ne faisant preuve d’aucune transparence. L’augmentation de la franchise et de la participation devait mener à une baisse des primes, c’est dire à quel point on trompe les assurés.»

Rappelant que près de la moitié de la population «connaît des difficultés durables ou sporadiques à s’acquitter des primes», le PS en profite pour relancer ses idées. Avec le PDC, il propose une suppression des primes pour enfants et jeunes en formation, modulée selon le revenu familial. Rappelons que les cantons, eux, suggèrent l’abolition générale des cotisations des enfants. Le PS milite aussi en faveur de l’initiative pour une caisse unique que le Mouvement populaire des familles tentera de faire aboutir d’ici au 10 décembre. Les radicaux contestent, plaidant pour le financement unique des hôpitaux par les assureurs et la suppression de l’obligation de contracter.

Payer moins?

Nicolas Dufour De nouvelles franchises à option sont introduites en 2005. La plus basse monte de 400 à 500 francs, puis 1000, 1500, 2000 et 2500 francs. Pour les enfants, les franchises vont de 100 à 600 francs, par centaine. Sans avis contraire de l’assuré, sa franchise actuelle passe à la plus proche, arrondie au montant supérieur – sauf celle de 1200 francs, abaissée à 1000. L’assuré peut changer de franchise, mais les caisses ne sont pas tenues de les offrir toutes. Pour les plus élevées, les rabais consentis sont plafonnés au nom de la solidarité entre générations. La caisse doit annoncer le montant de la nouvelle prime d’ici au 31 octobre. Les assurés ont jusqu’au 30 novembre pour changer de caisse. Attention: la date qui fait foi est celle de l’arrivée du courrier – en recommandé, conseille l’OFSP – car la caisse quittée doit annoncer le transfert à sa concurrente. Pour l’assurance de base, les assureurs ne peuvent poser de questions sur l’état de santé du nouveau cotisant. On peut contracter une assurance complémentaire auprès d’une autre caisse, mais celle-ci est alors autorisée à se renseigner. Pour baisser la prime, on peut renoncer à l’assurance accidents, souvent prise en charge par l’employeur, choisir un système avec bonus – contrat de 5 ans, jusqu’à 45% de rabais si aucun remboursement n’est demandé – ou opter pour une limitation du choix du médecin: HMO, médecin de famille ou système «light» (la caisse impose une liste de médecins).