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SOS médecins accusé de méthodes peu courtoises

Le Courrier
Mardi 28 septembre 2004

EMPLOI – La direction de SOS médecins a décidé de procéder à des remaniements sans en informer ses collaborateurs. Hier, deux licenciements on eu lieu sans préavis.

Pierre Froidevaux, fondateur et administrateur de SOS médecins, a déplacé la centrale téléphonique de son entreprise hier à Paris. Le hic? De nombreux collaborateurs de la société, y compris une partie du personnel de la centrale téléphonique de Genève, ignoraient tout de cette décision. Certains employés s’en sont rendu compte le jour même en composant le numéro de téléphone de l’entreprise depuis l’extérieur, les menant tout droit à Paris. Dans la même journée d’hier, deux employés ont été licenciés par la direction, celle-ci se disant insatisfaite de leurs services. D’autres craignent pour leur place, la centrale téléphonique de Genève comptant une vingtaine d’employés fixes et temporaires s’occupant principalement des appels. Cet événement intervient dans un contexte tendu, deux autres collaborateurs ont en effet été remerciés les jours précédents, et un autre a déjà entamé une procédure au Tribunal des Prud’hommes. Plusieurs employés de disent consternés par le silence de la direction.

PARIS PLUS EFFICACE

Pour expliquer cette décision, M. Froidevaux invoque la nécessité d’améliorer son service de traitement des appels. Il se dit insatisfait du travail des collaborateurs de Genève, qu’il a décidé de licencier: «Nous avons besoin d’une meilleure réponse professionnelle. A Genève, il y a des liens préférentiels entre certains médecins et les régulateurs téléphoniques. Des avantages indus sont attribués. Je demande une meilleure équité dans le services.»
M. Froidevaux attribue en partie la difficulté croissante de son entreprise à trouver des médecins à cette iniquité: «Les nouveaux médecins ne restaient pas chez nous à cause de cela. Ils n’avaient pas les mêmes avantages que les anciens.»
Mais pourquoi ne pas avoir prévenu les employés à l’avance et les congédier aussi sèchement? «Vous savez, tout ce qui touche à SOS médecins sort dans la presse et il y a des histoires, comme en mars dernier. Parmi les collaborateurs, j’ai informé ceux qui allaient rester discrets», répond M. Froidevaux.
L’administrateur indique par ailleurs ne pas avoir l’intention de procéder à d’autres licenciements: «Le service de télé-alarme fonctionne toujours à Genève et nécessite du travail. Il est sûr que de nouvelles tâches devront être proposées aux employés. Ils ne seront pas tous obligés de les accepter.»

STUPEUR CHEZ LES EMPLOYÉS

Plusieurs collaborateurs se disent atterrés par l’attitude de la direction: «Nous ne sommes jamais informés des décisions qui sont prises. On se doutait un peu qu’il se tramait quelque chose, car deux employés avaient déjà été renvoyés, mais on ne nous a rien dit», expliquent en substance plusieurs d’entre eux.
«La façon dont les personnes ont été licenciées est humiliante, déclare un ex-employé. Ils s’entendent dire que si la boîte ne tourne pas, c’est de leur faute!»
Par ailleurs, chacun tient ses comptes en matière de licenciements. Un des employés déclare: «Il y a eu déjà cinq licenciements en moins d’un mois. Si un autre intervient, il s’agira d’un licenciement collectif et un plan social devra être mis sur pied.» Pour M. Froidevaux, en revanche, seuls deux congés ont été donnés, ceux d’hier matin. Un autre renvoi avait eu lieu, mais il avait été décidé en juin, précise t-il.
Après quelques recherches, quatre personnes nous ont déclaré avoir été licenciées depuis vendredi dernier.
Un médecin travaillant pour SOS médecins, contacté hier, a également fait part de son mécontentement: «Non, je ne suis pas informé. C’est scandaleux ce qu’il se passe. On a tout préparé derrière le dos des employés et on les a roulés dans la farine. Je n’accepterai plus de travailler dans ces conditions. De nombreux médecins n’acceptent plus de travailler pour ce monsieur.»