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Le vaccin contre la grippe, ça devrait être facile, mais …


Mercredi 27 octobre 2004

JOURNÉE NATIONALE Cette année, pour encourager les « seniors » à se protéger, des associations médicales innovent. Mais par manque de coordination, ce n’est pas sûr que l’intendance suive.

LES FAITS Pour la première fois, vendredi prochain, des médecins, généralistes et internistes pour la plupart, devraient ouvrir toutes grandes les portes de leur cabinet. Ils y pratiqueront la vaccination anti-grippe sans rendez-vous et au prix unique de 25 francs dans toute la Suisse. C’est le but de cette Journée nationale qui s’adresse en priorité aux personnes âgées de plus de 65 ans, qui mènent une vie encore très active et qui ne se rendent que rarement chez un médecin. Ce public cible n’a pas encore assez le réflexe de se protéger chaque année.

L’idée est novatrice, mais saconcrétisation pourrait poser quelques problèmes (lire ci-contre). Tous les médecins concernés sont-ils avertis ? Combien d’entre eux vont-ils participer ? Auront-ils suffisamment de vaccins à disposition si la Journée est un succès ? A J –2, Ueli Grüninger, secrétaire général du Collège de médecine de premier recours (CMPR), l’un des promoteurs de cette initiative, ne le sait pas. « Franchement, je n’en ai aucune idée. Sur le terrain, tout dépendra de la manière dont les associations faîtières auront averti leurs membres. C’est la force et la faiblesse de notre système de milice », reconnaît-il.

Manque de moyens

Impossible, en effet, de recourir à l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) pour coordonner cette opération spéciale au niveau national. Restrictions budgétaires obligent, il a dû se contenter d’annoncer la Journée, par le biais de son bulletin et d’une conférence de presse. Reste qu’Ueli Grüninger est convaincu que l’expérience vaut la peine d’être tentée: « On prend un risque, c’est vrai. On aura peut-être quelques problèmes logistiques et il faudra peut-être étaler cette vaccination à la carte, mais, grâce à cette initiative, on verra aussi que de très nombreux médecins s’engagent. Pas seulement pour leurs patients, mais aussi pour la communauté. »

Autre témoignage de bonne volonté, les associations médicales qui soutiennent la Journée ont rapidement trouvé un terrain d’entente pour le prix de la vaccination 2004 : 25 francs tout compris et dans toute la Suisse ! Alors que le système Tarmed fait surtout figure d’épouvantail dans le monde médical, là, sa technique pour évaluer un acte médical a permis de mettre tout le monde d’accord, relèvele Dr François Méan, adjoint du médecin cantonal vaudois, et membre du groupe de travail fédéral sur la grippe.

Publiccible

La Journée de vendredi devrait constituer le point fort de la campagne nationale de prévention contre la grippe de cet hiver. L’objectif 2004 est de sensibiliser davantage les seniors de plus de 65 ans. Actuellement, environ la moitié d’entre eux se font déjà vacciner chaque année, mais les spécialistes aimeraient aller au-delà. « Nous voudrions surtout nous adresser à ceux qui sont en bonne santé et qui jouissent d’une bonne qualité de vie. Il s’agit de leur rappeler que la grippe est une très sale maladie, souligne le Dr François Méan. Ses complications, comme les pneumonies et les encéphalites, peuvent être très graves, voire mortelles. » Chaque année, en effet, quelque 1000 personnes y succombent en Suisse.

Pour contrer ce virus agressif et qui se transmettrès facilement, le vaccin est donc la parade qui s’impose, affirment les experts. Avant tout pour les seniors, les personnes qui souffrent de maladies chroniques et celles dont le système immunitaire est affaibli. On ne connaît pas d’effets secondaires dangereux à cette vaccination-là. Heureusement, car il faut répéter l’opération chaque année, puisque le virus est différent à chaque épidémie.

Le vaccin ne protège pas des autres affections hivernales comme le rhume ou la bronchite. Son efficacité varie aussi suivant sa composition. Pour notre hémisphère, chaque année, l’OMS recommande une recette basée sur l’observation des virus qui ont été les plus actifs pendant l’épidémie qui a sévi durant l’hiver austral. Selon les spécialistes, le vaccin 2004 devrait assurer une bonne protection.

ANNE KAUFFMANN

L’actrice Maria Heidi Glössner, qui avait le premier rôle du film Swisslove diffusé durant Expo. 02, passe actuellement dans un spot TV réalisé par legroupe romand « Unis contre la grippe ». Jusqu’ au 14 novembre prochain, ce petit film aura passé quatre-vingts fois sur les écrans. Agence PM / Philippe Mollard