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L’heure du vaccin contre la grippe sonne


Mercredi 27 octobre 2004

Vendredi, une centaine de médecins vaccinent sans rendez-vous, pour 25 francs.

Personne n’est à l’abri de la grippe. Comme chaque année, les défenseurs du vaccin nous rappellent qu’une grippe signifie, dans le meilleur des cas, une semaine cloué au lit et trois semaines à s’ en remettre. Vendredi, décrété journée nationale de vaccination contre la grippe, sera l’occasion de recevoir son injection et d’augmenter sa chance d’échapper au virus.

Concrètement, cette journée se traduit par des « portes ouvertes » chez une centaine de médecins de premier recours du canton. Sans rendez-vous, le patient y recevra une injection moyennant 25 francs. Comme durant toute la saison de vaccination (octobrenovembre), la Policlinique des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG )* participe également à l’opération, de 8 h à 17 h 30.

La campagne vise surtout à sensibiliser les personnes les plus à risque, soit les plus de 65 ans et les patients de tout âge souffrant d’une maladie chronique ainsi que le personnel soignant. Dans les deux premières catégories, le message est très bien passé. En moins de dix ans, le nombre d’immunisés est passé d’environ 20 % à 52 % chez les plus de 65 ans, 57 % chez les diabétiques et 43 % chez les patients chroniques de moins de 65 ans.

7 5% des médecins privés vaccinés

En revanche, le personnel soignant a encore du mal à se laisser convaincre. Au niveau des médecins privés, le taux atteint 7 5% et 50 % pour ceux des HUG. C’est ensuite que les choses se dégradent: le taux de vaccination de tout le personnel des HUG ne dépasse pas 27 % (2003). Et ce malgré la gratuité de l’injection.

« Le fait que l’on protège le patient en se protégeant n’est pas bien assimilé », esquisse en guise d’explication Letizia Toscani, du Département de médecine communautaire. « Et c’est d’autant plus important qu’ on est contagieux 24 heures sans être malade. Il y a aussi un effet de norme, mais les choses sont en train de changer. »

14% de la population touchée

La piqûre contre la grippe a aussi plutôt mauvaise presse chez les moins de 65 ans se considérant en bonne santé. Et quand on sait qu’une épidémie moyenne touche environ 14% de la population, on peut espérer y échapper.

D’autant plus que cette année, la potion n’est pas magique et pourrait marcher un peu moins bien. Le vaccin contient la souche A Fujian, or la Wellington pourrait aussi circuler.

Immunité croissante

Alors vaccin ou pas vaccin ? « Les abonnés au vaccin sont de mieux en mieux couverts », argumente le Dr Laurent Gauthey, président d’U nis contre la grippe. « Comme chaque année le vaccin est un peu différent, notre corps finit par faire connaissance avec tout le clan et sait mieux se défendre. » Du reste 90 % des vaccinés en reprennent l’année suivante.

« Pour une personne en bonne santé, la grippe n’est pas une maladie grave, précise Letizia Toscani. Mais elle terrasse sa victime et peut entraîner des complications ou préparer le terrain à des surinfections. »

Enfin, la peur d’attraper la grippe ne doit pas être un frein à l’immunisation: « C’est un vaccin mort qui ne peut en aucun cas donner la maladie », assure Letizia Toscani. Il ne protège en revanche pas contre les autres virus, moins ravageurs, en circulation à cette saison.

* Renseignements au 022 372 95 25, sur www. grippe-ch ou auprès de votre médecin traitant.

ANNE-MURIEL BROUET
Vaccination à l’Hôpital cantonal. En moins de dix ans, le nombre d’immunisés est passé d’environ 20 % à 52 % chez les plus de 65 ans, 57 % chez les diabétiques et 43 % chez les patients chroniques de moins de 65 ans.