Vioxx: 200 Suisses en colère

Jeudi 25 novembre 2004
ANTI-INFLAMMATOIRE Tandis que Merck se défend à coups de pubs, l’organisation suisse des patients ne lâche pas l’idée d’une plainte
« Nous avons été contactés par 200 personnes. » Amina Ghulam, de l’Organisation suisse des patients (OSP), a le nez plongé dans les dossiers de gens qui pensent avoir été victimes du Vioxx. Cet anti-inflammatoire, accusé d’augmenter les risques cardio-vasculaires, avait été brutalement retiré du marché mondial le 30 septembre.
L’OSP ne lâche pas l’idée d’une plainte, dans la foulée de celle déposée aux Etats-Unis notamment. La décision devrait tomber en décembre. « Une soixantaine de cas graves pourraient avoir une chance devant les tribunaux », précise Amina Ghulam qui se concentre sur une dizaine d’entre eux.
Accusée d’avoir caché les dangers de son médicament phare depuis 2000, l’entreprise pharmaceutique Merck tente aujourd’hui de redorer son image à coups de publicités dans la presse, y compris en Suisse. Dans une lettre ouverte, le PDG Raymond V. Gilmartin défend l’intégrité de sa société. « A l’époque, les études ne montraient pas ces risques », souligne Stefan Wild, porte-parole de Merck pour la Suisse, qu’une action en justice ne semble pas trop inquiéter: « On verra au cas par cas. Je ne veux pas dire que le Vioxx n’est responsable d’aucun problème cardio-vasculaire, mais il faudra tenir compte d’autres facteurs de risque, comme le manque d’activité physique ou l’alimentation. »
Geneviève Comby

