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Ce CHUV, surmené comme ses patients


Lundi 24 janvier 2005

Editorial

Il a de plus en plus de travail, il manque de moyens pour l’accomplir, et son patron le prie de se serrer la ceinture. Le Vaudois moyen ? Non, le CHUV. L’hôpital déborde de patients, il n’a pas assez de lits, et l’Etat lui demande des économies supplémentaires.

A ce régime contradictoire, c’est pourtant vrai que les Hospices finissent par ressembler étrangement à leurs malades. La brusque hausse de l’activité hospitalière vaudoise, constatée en 2003, ne s’ explique, en effet, pas seulement par une fréquentation assidue de la Maternité. La progression statistique de cas lourds ne permet pas non plus de tout comprendre.

Le pic de d’augmentation concerne la psychiatrie: Plus de patients, plus de séjours. En cause, même si les études à ce propos ne sont pas catégoriques, une certaine corrélation entre le travail et le psychisme. Les chiffres en témoignent, plus il y a de chômage, plus les demandes en soins psychiatriques se multiplient. Et là, de nouveau, le canton fait fort. Dans ce secteur, l’alcoolisme est la première cause d’hospitalisation des hommes. Pour les femmes, c’est la dépression.

Stress, angoisse du porte-monnaie et crainte du lendemain, le commun des Vaudois souffre des mêmes maux que son indispensable hôpital. Que faire de ce sombre diagnostic ? Surtout, ne pas sombrer dans l’alcool. Ses vapeurs font souvent dire n’importe quoi. Du genre, « y a pas le choix, faut faire plus avec moins, le public, ça coûte trop cher ». Ces propos de comptoir ne sont plus d’actualité. Désormais, face à l’urgence, à savoir la santé des Vaudois(e)s, une valeur essentielle doit être revalorisée: le service public. Soit la préservation d’un bien commun contre la défense d’intérêts particuliers. A terme, le CHUV, ses patients avec, s’ en porteront mieux. Et notre économie avec.

Nicolas Verdan