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Quand les migraines vous prennent la tête


Mardi 25 janvier 2005

Santé Souvent tournées en dérision, les céphalées sont un véritable calvaire.

On les appelle indifféremment maux de tête, migraines ou céphalées sans trop savoir de quoi l’on parle. Si un mal de tête peut révéler un problème ophtalmique, dentaire ou sinusal, la « migraine », elle, est une maladie et non un symptôme ; 1,5 million de Suisses, surtout des femmes, en souffrent.

Reconnaître une migraine. La migraine se traduit par des céphalées chroniques sous forme de crises, qui durent de 4 à 72 heures. Modérés ou intenses, les battements commencent d’un côté du crâne puis se propagent. « Ça brûle et ça tape. La douleur commence derrière l’œil puis prend toute la moitié de la tête. Elle va ensuite jusque dans l’épaule. » Telle est la description de Marlène Cavin, migraineuse depuis ses 8 ans, qui mène un groupe d’entraide à Lausanne. Chez d’autres malades, elles peuvent engendrer des vomissements, des troubles de la vue, voire des paralysies temporaires des membres.

L’origine des migraines. C’est l’un des mystères que la médecine n’a pas encore réussi à percer. « Plusieurs facteurs jouent un rôle. Tout d’abord, la migraine est souvent héréditaire. On constate aussi l’influence de changements internes tels que les modifications hormonales, les changements d’habitudes de sommeil, d’alimentation. Ou de variations externes comme les situations de stress, le temps, la luminosité, les odeurs », explique Catherine Dozier, neurologue des Hôpitaux universitaires de Genève.

Consulter un médecin. Même si la guérison totale est impossible, certains comportements et / ou médicaments permettent d’atténuer, voire de stopper la douleur. Pourtant, la moitié des migraineux n’en parlent pas à leur médecin. Il est nécessaire de consulter, si possible en amenant un calendrier révélateur de la fréquence et de la durée des crises.

Soigner son hygiène de vie.

« Pour chaque patient, on fixe des objectifs réalisables et une stratégie thérapeutique adéquate », souligne Jules Desmeules, médecin spécialiste du traitement de la douleur aux HUG. Avoir une bonne hygiène de vie peut s’ avérer plus bénéfique que la prise de médicaments. Loin d’être la solution miracle, ces derniers peuvent même entretenir la migraine.

Quels traitements ? En cas de crise, le traitement est constitué d’un antalgique ou d’un antiinflammatoire ou d’un triptan, accompagné d’un antinauséeux. Quant au traitement de fond, visant à réduire l’intensité et la fréquence des crises, certains bêtabloquants, certains antidépresseurs, le magnésium, les nouveaux antiépileptiques apportent une amélioration sensible. Parallèlement, on peut aussi essayer la relaxation, les massages, la mésothérapie, l’acupuncture, l’homéopathie. Ou encore en parler. A Genève, Monique Lapierre mène le groupe de Migraine Action (tél. 022 347 91 83).

Informer son entourage. Enfin, l’incompréhension de la famille, des amis, des collègues génère un sentiment de culpabilité chez les migraineux. Pour y échapper, un seul moyen: les informer.

MARIE PRIEUR

Les migraineux sont souvent incompris. Famille, amis et collègues doivent donc être informés. (KIPA / ARCHIVES)

A chacun son truc

A chaque migraineux sa migraine. Une seule solution: connaître son mal et adapter son comportement. Pour prévenir la crise: ne pas boire de vin, éviter de manger du chocolat, avoir un rythme de sommeil régulier, favoriser les activités en plein air, la relaxation. En cas de crise: boire du café, s’enfermer dans le noir, appliquer un linge mouillé ou quelques gouttes d’huile essentielle de menthe sur le front, prendre les médicaments prescrits le plus tôt possible.

Internet:

www.sosmigraine.com
www.migraine-action.ch