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Tomber sur le bon bistouri


Lundi 31 janvier 2005

MISE EN GARDE Aujourd’hui, on change de nez comme de pull … Mais il n’est pas toujours évident de trouver le bon spécialiste et surtout de ne pas trop attendre d’une intervention. Nos conseils avant de passer à l’acte

La chirurgie esthétique, tout le monde en parle. En bien, en mal, peu importe. Quant au nombre d’interventions, il ne cesse d’augmenter.

En France, leur nombre s’est accru de 175% en dix ans ! Il n’existe pas de telles statistiques en Suisse. Mais tous les professionnels constatent une hausse de la demande. Preuve en est le nombre de médecins affiliés à la Société suisse de chirurgie plastique, reconstructive et esthétique: il a augmenté de 50%, passant de 77 en 1991 à 117 aujourd’hui. Et la société est loin de regrouper tous les spécialistes.

Bref, la chirurgie esthétique s’est démocratisée. Tout le monde en profite. Mais gare aux dérives ! Avant de passer par l’étape bistouri, voici, en synthèse, les conseils et mises en garde de quelques spécialistes.

Le choix du médecin

« N’importe quel médecin peut faire de la chirurgie esthétique », avertit le Dr Quinodoz, chirurgien plasticien à l’Hôpital de la Tour à Genève. En effet, vu l’attrait commercial de la branche, certains n’hésitent pas à s’improviser « médecin esthétique » sans avoir la formation adéquate. Et c’est sans compter les chirurgiens qui poussent à la « consommation » et qui opèrent sans se demander si l’intervention sera bénéfique au patient.

Pas de miracle

« La chirurgie esthétique peut parfois remplacer bien des antidépresseurs », assure le Dr Pierre Quinodoz. Mais elle a ses limites. Le chirurgien de la Tour refuse, par exemple, d’opérer un tiers des patients. « Ces personnes ont souvent un problème qui n’est pas d’ordre esthétique mais psychologique. » Autrement dit, si vous leur refaites le nez, elles feront alors une fixation sur leurs bras, puis sur leurs seins, etc.

Attention, déception !

Avant de se faire opérer, il faut prendre le temps de bien discuter avec le médecin. « De nombreuses femmes sont déçues par l’opération qu’elles ont subie. L’intervention en soi est réussie, mais elle ne correspond pas à l’attente de la patiente », relève Nathalie Wharton, directrice du New Line Centre de chirurgie esthétique à Carouge. Par ailleurs, il faut savoir qu’un certain nombre d’opérations laissent des cicatrices plus ou moins visibles et, là aussi, il est important d’en discuter préalablement avec le médecin.

Le top 10

Les interventions les plus pratiquées sont la liposuccion, la chirurgie des paupières, la pose d’implants mammaires, les liftings et la rhinoplastie. Ça, c’est pour les femmes.

Côté hommes, on trouve en tête des préférences: le traitement de la calvitie, la liposuccion et la chirurgie des paupières.

Les coûts

Il ne faut pas oublier que dans chirurgie esthétique il y a chirurgie. La moindre intervention nécessite d’importants moyens. Exemple: il faut compter deux heures d’opération et cinq personnes (chirurgien, anesthésiste, instrumentaliste, aides) pour remonter des seins. Du moins, lors d’une anesthésie complète avec hospitalisation. Il est également possible de se faire opérer en ambulatoire. De 9000 francs environ on peut passer ainsi à 7500 francs. Le New Line Centre est l’un des seuls en Suisse spécialisés dans ce type d’intervention.

Pascale Bieri