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Toux et rhume aux frais de l’assuré ?


Lundi 28 février 2005

Les assureurs maladie suisse (Santésuisse), en collaboration avec l’industrie pharmaceutique (Interpharma), préparent un projet pour raccourcir la liste des médicaments remboursés. Il prévoit notamment de mettre à la charge des patients les produits contre la toux et le rhume et d’augmenter la participation aux frais pour une partie de la liste. Interview d’Yves Guisan, vice-président de la Fédération des médecins suisses.

Que penser de ces nouvelles propositions ?

C’est un système qui se rapproche de ce que font les Français et qui n’est pas sans poser des problèmes d’application. Sur le fond, on a raison de vouloir ne pas mettre sur le dos des assurances toute la pharmacie de ménage. Mais il s’ agit de ne pas tuer des mouches avec un canon et d’agir sans rigidité.

A-t-on raison de vouloir ne plus rembourser certains médicaments comme le sirop contre la toux ?

Cela dépend des circonstances. Lorsqu’ il s’ agit uniquement d’une question de confort, pourquoi pas ? Pour les enfants, par exemple, ce n’est pas toujours une bonne idée de prescrire un sirop pour la toux. Cela les empêche d’expectorer, les bronches s’ encombrent et cela peut déboucher sur une bronchite. Il faut tenir compte de la pathologie et de l’âge du patient avant de déterminer si un médicament doit ou non être remboursé.

Quels sont les médicaments qui ne devraient pas être remboursés ?

Il faut se poser la question pour les tranquillisants, les antidépresseurs ou les somnifères. Pour les personnes âgées qui souffrent de multipathologies, il y a souvent redondance dans les prescriptions d’analgésiques et d’anti-inflammatoires. On devrait établir des règles plus strictes en matière d’ordonnances.

Politiquement, ces propositions ont-elles une chance ?

Oui. Mais il ne faut pas se faire d’illusions sur les effets d’une telle mesure. On économisera tout au plus quelques dizaines de millions.

Claude Ansermoz