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La tuberculose n’a pas disparu. Son vaccin, si


Mardi 29 mars 2005

Santé La Suisse préfère le contrôle des personnes à risque au vaccin.

Le 24 mars est consacrée Journée mondiale contre la tuberculose. Dans le monde, 2 millions de personnes en meurent chaque année et quelque 9 millions développent la maladie.

A Genève, elle n’est pas complètement éradiquée. Il y a eu l’an dernier 94 cas (deux tiers sont d’origine étrangère), soit un peu plus que la moyenne nationale. Le point avec le docteur Jean-Paul Janssens, responsable du Centre antituberculeux aux HUG.

Qu’est-ce que la tuberculose ?

La tuberculose est une maladie infectieuse (transmissible) causée par une bactérie (Mycobacterium tuberculosis), touchant le plus souvent le poumon, mais pouvant aussi toucher d’autres parties de l’organisme (ganglions, voies urinaires, os et articulations). Elle se manifeste le plus souvent par une perte de poids, une fatigue, de la toux, des expectorations, parfois avec du sang (hemoptysies). Les symptômes peuvent cependant être remarquablement discrets. La maladie touche de préférence les personnes affaiblies ou ayant une dysfonction du système immunitaire.

Quel est le mode de transmission ? La maladie ne peut être transmise que par une personne ayant une tuberculose pulmonaire active. En toussant, la personne malade met en suspension dans l’air des gouttelettes contenant le microbe de la tuberculose, qui peut alors être inhalé. La personne infectée va le plus souvent rester asymptomatique. Cependant, elle encourt un risque de 5 à 10 % de « réveiller » la maladie au cours de sa vie, d’être alors elle-même malade et de transmettre la maladie à d’autres. Ce risque augmente avec l’âge et lors de tout affaiblissement du système immunitaire.

Pourquoi a-t-on abandonné la vaccination en Suisse ? La vaccination donne des résultats très contestés chez l’adulte, des taux de protection allant de 0 à 80 % ayant été rapportés par de bons travaux scientifiques. Le vaccin (BCG) protège les enfants contre les formes graves et mortelles de la tuberculose (méningite, tuberculose disséminée ou miliaire). Chez l’adulte, le bénéfice de la vaccination est moins clair ; dans la mesure où nous vivons dans un pays à très faible incidence pour la tuberculose, il devient préférable de contrôler les personnes à risque, et celles exposées (entourage).

Le problème du vaccin est qu’il positive souvent le test cutané, rendant inefficace le seul outil de dépistage de l’infection. Pour ces raisons, en Suisse, le vaccin n’est plus proposé depuis les années 70. En France, par contre, la vaccination reste obligatoire pour les enfants. Enfin, ce vaccin s’associe à des complications locales qui, bien que le plus souvent sans gravité, sont problématiques: on note environ 0, 5 % d’effets indésirables, le plus souvent sous forme d’une forte réaction locale.

Risque à l’étranger ?

Le risque d’infection est directement proportionnel à l’exposition ; donc le fait d’effectuer un voyage dans un pays à haute endémie ou de travailler dans des environnements à haut risque (missions humanitaires) constitue un risque. Il dépend des conditions de voyage, du type de contacts.

Le Centre antituberculeux est le siège de la consultation ambulatoire de la Division de pneumologie des HUG ; la tuberculose ne représente que 20 % environ de son activité. Tél. 022 372 99 01

Site de l’OMS

www. stoptb. org

ANNE-MURIEL BROUET