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Des robots docteurs en temps de guerre


Mercredi 30 mars 2005

On se croirait dans La guerre des étoiles. Des robots opéreront les soldats blessés sur le champ de bataille. La chose ne se passera pas en Irak, du moins nous l’espérons tous. Il faudra en effet dix ans au moins pour qu’ils se montrent, si l’on ose dire, vraiment opérationnels.

Il s’agit là d’un vieux rêve du Pentagone. Les premières recherches, confiées au SRI, un laboratoire à but non lucratif — si si, ça existe même aux USA ! — ont débuté dans les années 80. Le SRI a alors créé un robot portant le nom de « de Vinci », puisqu’on met aujourd’hui Léonard à toutes les sauces.

Ce prototype s’est cependant vite révélé trop encombrant pour finir sur le terrain. Il dépendait en plus lourdement de lointaines interventions humaines. Son application est restée civile. Il s’agit de l’instrument servant, dans 300 hôpitaux du monde entier, à remplacer entre autres des valves cardiaques défectueuses.

Le robot que le Pentagone finance aujourd’hui pour 12 millions de dollars devra aller « aussi près que possible des soldats sur le terrain ». Il lui faudra être commandé « au moyen d’une liaison sans fil ». Un seul praticien doit pouvoir actionner l’androïde. La chose suppose donc une automatisation certaine.

La téléchirurgie se voit décrite par le Pentagone comme une mesure « visant à réduire au minimum l’exposition des soldats sur le terrain. » En dépit du faible crédit jusqu’ici alloué à la chose, le robot rejoindra la cohorte des drones, ou avions de surveillance sans pilote. L’armée de terre devrait suivre. « A l’horizon 2015, un tiers des véhicules du Pentagone ne comportera plus d’équipage. » Il n’y aura bientôt plus que les victimes de réelles …