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Le suicide n’est pas un acte héroïque


Jeudi 31 mars 2005

Courrier des lecteurs

Loin de moi la volonté de porter un quelconque jugement par rapport au choix de Jean Aebischer qui, atteint d’une tumeur au cerveau, a décidé de se donner la mort (Le Temps du 10 mars). Qui pourrait s’arroger un tel droit, surtout s’il est lui-même en bonne santé? Mais je trouve inquiétante l’option prise par la Télévision suisse romande dans le lancement du «Temps Présent» avant sa diffusion, dans la manière de filmer les événements comme dans la conclusion du journaliste de présenter le suicide comme un acte héroïque et de vanter la puissante organisation «Exit» comme si elle faisait œuvre de «salubrité publique». «C’est beau de mourir comme cela», ai-je entendu de la bouche de nombreuses personnes au lendemain de l’émission. Alors qu’on sait les progrès fulgurants réalisés par les offres de soins palliatifs pour atténuer la souffrance des personnes en fin de vie. Qu’une télévision de service public fasse l’apologie du suicide et de son assistance m’inquiète profondément.

Les tendances suicidaires de notre société n’ont pas besoin d’être à ce point légitimées et encouragées. Elles sont, hélas, déjà suffisamment présentes. Les «héros» ne sont-ils pas plutôt ceux qui, se sachant atteints d’un mal incurable, vont jusqu’au bout de leur vie dans la sérénité, la douleur certes, mais une douleur atténuée par les traitements prodigués au maximum, grâce aux unités de soins palliatifs et à la présence de leurs proches?