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L’assurance maternité est née une seconde fois


Vendredi 22 avril 2005

Famille Le Grand Conseil décide de ne pas s’aligner à la baisse sur l’assurance fédérale.

Les salariées et les indépendantes genevoises qui accoucheront après le 1 er juillet 2005 continueront à bénéficier de seize semaines de congé maternité contre quatorze pour les mères des autres cantons. De même, celles qui adopteront un enfant à Genève après cette date auront droit à la même prestation. Enfin, le plafond des montants touchés ne sera pas abaissé. Hier soir, une écrasante majorité du parlement a en effet décidé de conserver les acquis de l’assurance maternité genevoise (en vigueur depuis juillet 2001). Et, par conséquent, de ne pas s’aligner sur ce qu’offre l’assurance maternité fédérale qui prendra effet cet été.

« Ouf !, a pu lancer en cours de débat Jocelyne Haller (Alliance de gauche). Car si ce soir il ne reste plus que de bonnes fées au-dessus du berceau, il y a peu, pas mal de Carabosse se penchaient sur la petiote. » De fait, l’inévitable adaptation de l’assurance cantonale après l’acceptation par le peuple suisse, le 26 septembre 2004, d’une assurance maternité fédérale, aurait pu déboucher sur tout autre chose. Certains étaient tentés d’aligner les prestations, quitte à utiliser l’argent ainsi économisé à d’autres fins: augmentation des allocations familiales ou de la prime de naissance, financement des crèches.

Le gouvernement tranche

De son côté, le conseiller d’Etat Pierre-François Unger avait mis en consultation deux projets de loi. Parallèlement, trois projets de loi de partis de gauche avaient été transmis en commission.

Toutefois, en février dernier, le Conseil d’Etat décidait de soumettre au Grand Conseil la proposition du maintien des acquis, celle qui a été plébiscitée hier soir par les députés: 65 oui, 2 abstentions et 5 non (UDC et libéraux).

Du coup, employés et patrons continueront de cotiser paritairement, mais le taux sera abaissé de 0, 26 % à 0, 06 % dès le 1 er janvier 2006.

Cette quasi unanimité cache toutefois d’importantes différences d’appréciation.

Si l’UDC n’a pas pipé mot hier soir, libéraux et radicaux ont prévenu la gauche que l’effort demandé était conséquent et qu’il était exclu d’aller audelà. « Ne chargez pas trop le bateau !», a demandé le radical Gabriel Barrillier. Un avertissement qui s’adressait principalement aux Verts et à l’AdG, dont les projets consistent à ajouter un congé parental au dispositif cantonal. Même si ce n’était pas le moment idéal d’ouvrir le débat sur un éventuel développement des prestations, Pierre-François Unger a reconnu que le débat sur la politique familiale n’était pas clos avec ce vote. « Car il ne peut se résumer à deux semaines de congé de plus ou de moins », a conclu un patron de l’Action sociale et de la Santé par ailleurs très satisfait du résultat.

ÉRIC BUDRY