L’audit sur l’Hospice général coûterait 360 000 francs

Vendredi 22 avril 2005
Contrat Le socialiste Christian Brunier dénonce son prix et demande des explications.
360 000 francs l’audit sur l’Hospice général. Un responsable d’équipe payé 530 francs de l’heure, une secrétaire 220 francs. Ce sont les chiffres dénoncés par Christian Brunier, des chiffres que le député juge irrecevables. Il réclame donc des précisions à Pierre-François Unger dans une interpellation urgente: « Si les informations que j’ai obtenues sont avérées, non seulement le prix de cet audit serait alors inacceptable, mais en outre il n’y aurait eu aucun appel d’offres. Au vu du montant de ce mandat, l’usage aurait voulu que trois sociétés soient consultées. »
En février dernier, l’Hospice général présente un déficit de plus de 46 millions de francs pour l’année 2004. Quinze jours plus tard, le Conseil d’Etat souhaite reprendre le contrôle de la situation à l’Hospice général. Martine Brunschwig Graf, la présidente du gouvernement annonce qu’elle demande un audit externe des services financiers de l’établissement.
« Négligence ou copinage »
La société PriceWaterhouse-Cooper aurait remporté le mandat. Selon le point presse du Conseil d’Etat, sa mission sera « d’apporter un appui aux efforts déjà entrepris par la nouvelle direction générale. Cet audit devra permettre de valider et, le cas échéant, de renforcer le dispositif mis en place. »
Ce que le député socialiste ne considère pas comme un mandat « de haute expertise sur un dossier très pointu ». Hier il a donc demandé des explications à Pierre-François Unger. Christian Brunier souhaite une réponse rapide, du moins avant la prochaine session du Grand Conseil comme le prévoit le règlement, « afin que l’on puisse au moins modifier le contrat ». Le conseiller d’Etat chargé du Département de l’action sociale et de la santé (DASS) refuse de se prononcer, il affirme ne pas avoir reçu le texte. La réponse viendra cependant du directeur de l’action sociale, Michel Gönczy: « Tout est faux, toutes les règles ont été respectées. Ce sera démontré de manière factuelle et détaillée. »
Selon Christian Brunier, la stratégie du DASS est claire: « Ils vont essayer de noyer le poisson avec la question des règles d’attribution des marchés publics qui auraient été respectés. Du coup, ils vont oublier complètement le dossier des tarifs individuels. » Le député souhaite également savoir si l’audit qu’il dénonce est le fruit d’une négligence du Conseil d’Etat dans le traitement du dossier ou « s’il s’agit de copinage. Les personnes qui ont signé devront alors rendre des comptes. »
EMMANUELLE DREVON

