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Etape décisive pour Bioring


Mardi 26 avril 2005

CHIRURGIE CARDIAQUE. La start-up reçoit le feu vert pour vendre ses anneaux.

La start-up vaudoise Bioring vient de franchir une étape décisive. Ses anneaux biodégradables, destinés à la chirurgie cardiaque, ont obtenu le marquage CE et peuvent ainsi être commercialisés dans toute l’Europe et les pays qui reconnaissent la certification européenne. Une nouvelle qui réjouit les fondateurs et actionnaires de la société, tout comme, indirectement, des milliers d’enfants atteints de malformations cardiaques.

Certains nouveau-nés présentent des valves trop petites ou trop larges, ce qui entraîne une gêne à l’écoulement du sang. Cette pathologie nécessite l’implantation d’une prothèse. Chez un nourrisson, une telle intervention est problématique. L’enfant doit être réopéré trois ou quatre fois jusqu’à l’âge adulte.

Biochimiste, biologiste et ingénieur en biomédical, Raymond Andrieu, CEO de Bioring, a développé, en collaboration avec Afksendyios Kalangos, chef du service de chirurgie cardio-vasculaire des Hôpitaux universitaires de Genève et l’ingénieur Philippe Le Goff, un anneau biodégradable. Durant l’opération, l’anneau est implanté dans les tissus endomyocardiques. Après quelques semaines, il se dégrade et le corps crée, par réaction, une cicatrice qui remplacera l’anneau. «Les multiples opérations ne sont plus nécessaires car la cicatrice suit le processus de croissance de l’enfant. En outre, cette méthode évite les problèmes de coagulation postopératoire», souligne Raymond Andrieu. «C’est la première fois qu’une prothèse implantée dans le cœur et réalisée dans un matériau biodégradable obtient une autorisation de commercialisation européenne.» C’est à partir d’une molécule (polydioxanone) qu’a été développé cet anneau, dénommé anneau de Kalangos, produit dans la salle blanche de Bioring.

L’anneau de Kalangos s’adresse également aux adultes en cas de malformation ou d’infection des valves. «Environ 30 000 bébés et 100 000 adultes sont concernés chaque année», constate Raymond Andrieu. «Et les maladies valvulaires sont en augmentation de 5% par an.» Le marché des valves cardiaques est dominé par Edwards Life Sciences, suivi de Medronic. «Deux cent mille anneaux sont commercialisés annuellement, ce qui représente un marché d’environ 200 millions de dollars. Nous espérons en grignoter 5%.» Pour ce faire, la start-up a déjà mis en place un réseau de distribution. Parallèlement, la société est en cours de négociation avec la Food and Drug Administration aux Etats-Unis, afin de commercialiser son produit sur le marché américain.

Fondée il y a bientôt cinq ans, Bioring table sur un chiffre d’affaires de 2 millions de francs cette année et 4 millions en 2006. Jusqu’à présent, la concurrence observait Bioring d’un œil. Désormais, grâce au marquage CE, la start-up devient une cible de rachat potentielle. Les actionnaires, à savoir différents business angels ainsi que la CDCIXIS de la Caisse de dépôt et de consignation, veulent un retour sur investissement. Ces derniers ont financé Bioring à hauteur de quelque 7 millions de francs. L’année prochaine, peut-être, la start-up de Lonay se retrouvera dans le giron d’une multinationale.