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L’Hôpital et la Ville bannissent le tabac


Mardi 31 mai 2005

Cigarette C’est aujourd’hui la Journée mondiale sans tabac. La Ville prend des mesures.

La lutte contre le tabagisme continue. Emboîtant le pas à l’Université, le Conseil administratif de la Ville de Genève a décidé de bannir totalement la cigarette des locaux de l’administration. L’interdiction entrera en vigueur le 1er septembre.

Les espaces fumeurs qui avaient été instaurés seront donc totalement supprimés. Selon les autorités, la solution n’a pas donné satisfaction. Une récente étude menée auprès du personnel de l’administration a en effet conclu que plus de 50 % des collaborateurs étaient favorables à une interdiction totale de fumer dans les locaux. Mais les fumeurs de l’administration qui désirent « se libérer de leur dépendance pourront bénéficier d’une aide », ont expliqué les Autorités. La municipalité prendra à sa charge la moitié du prix d’un traitement de désaccoutumance.

L’Hôpital sans fumée

Les Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG) ont également annoncé que dès aujourd’hui « tous les bâtiments sont décrétés non-fumeurs », selon Séverine Hutin, porte-parole des HUG. Mais l’interdiction totale se fera progressivement. « Dans le souci de respecter le personnel fumeurs et les patients. Nous voulons que le passage se fasse le mieux possible », souligne Séverine Hutin. Pour mieux appuyer ces deux initiatives, les associations de luttes contre le tabagisme – le CIPRET et Oxy-Genève – ont présenté hier les résultats d’un sondage de l’Institut Erasm qui montrent que 80 % des non-fumeurs sont favorables à l’interdiction de la fumée dans les établissements publics du canton. Mais aussi « 40% des fumeurs », souligne Jean-Charles Rielle, président de l’association CIPRET. L’Institut a aussi sondé les Genevois sur leur habitude en matière de consommation.

Des chiffres présentés sous l’œil attentif de Pierre-François Unger, conseiller d’Etat chargé de la Santé, et d’Annemieke Brands, représentante de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette étude colle avec le succès de l’initiative « Fumée passive et santé » qui entend lutter contre le tabagisme dans les lieux publics. Trois semaines après son lancement, l’initiative a déjà récolté plus de 7000 paraphes sur les 10 000 nécessaires. Environ 80 % des non-fumeurs la soutiennent,

Quant à la « journée mondiale sans tabac », elle est consacrée cette année au rôle des professionnels de la santé dans la lutte antitabac. Car selon l’OMS « le personnel soignant est mal formé aux techniques de sevrage tabagiques ».

Des actions contre le tabagisme

Des associations, l’Etat ainsi que l’OMS ont enchaîné les actions de lutte contre le tabagisme: juillet 2000, la publicité pour le tabac est interdite sur le domaine public et privé. Le 18 octobre 2004, l’Université de Genève est décrétée territoire non-fumeur. Le 27 février 2005, entrée en vigueur de la convention cadre de L’OMS sur le contrôle du tabac. Depuis le mois de mai, une campagne d’affichage sur la fumée passive habille les véhicules TPG. Le 4 mai, l’initiative « Fumée passive et santé » est déposée à la Chancellerie. Dès le 31 mai, l’Hôpital étend à l’ensemble de ses locaux l’interdiction générale de fumer. Enfin, le 1er septembre prochain, les locaux de l’administration municipale sont interdits à la cigarette.

MARC LALIVE D’ÉPINAY