Les mauvais remèdes de l’UDC

Jeudi 23 juin 2005
Editorial
L’UDC trompe les assurés lorsqu’elle leur laisse miroiter que leurs cotisations pourraient baisser de 20 % en excluant certaines prestations de l’assurance de base. Ce sont des mensonges. Et le Conseil fédéral le sait bien. La preuve, il a rejeté hier l’initiative populaire de l’Union démocratique du centre, refusant de cautionner des propositions qui sentent le soufre. Car elles conduiraient en effet au démantèlement de l’assurance sociale et à l’introduction d’une médecine à deux vitesses.
L’initiative de l’UDC ne peut pas trouver grâce non plus devant le Parlement. D’autant plus que Pascal Couchepin a déjà donné des signes de bonne volonté en retirant de la couverture de base cinq médecines douces, dont l’homéopathie. Il est aussi question que les psychothérapies ne soient plus remboursées par les caisses. On ne peut donc pas soupçonner le ministre de la Santé de se croiser les bras. D’autant plus que ses décisions n’ont guère été appréciées par une partie de la population.
Pascal Couchepin et le Conseil fédéral misent aussi sur les révisions de la LaMal, actuellement à l’examen auprès des Chambres, pour endiguer l’explosion des coûts de la santé. Des réformes qui visent à un meilleur financement des hôpitaux et à la suppression de l’obligation de contracter. Elles sont d’ailleurs dans le collimateur de l’UDC, qui serait alors bien inspirée de retirer son initiative.
Si les amis de Christoph Blocher décident d’aller jusqu’au bout, le dernier mot appartiendra au peuple. A lui de ne pas tomber dans le populisme de l’UDC. Car elle ne dit pas quelles prestations devraient être supprimées. Une attitude peu courageuse. Il s’agit de ne pas se tromper de cible et de soutenir les projets susceptibles d’apporter des solutions raisonnables. Car les remèdes de l’UDC ne maîtriseront pas la facture de la santé. Ils sont mauvais.
Anne Dousse

