Le monde vieillit: une bonne nouvelle mais…

Samedi 23 juillet 2005
POPULATIONS. La multiplication des personnes âgées remettra en cause la société.
L’humanité vieillit. De toutes les constatations et hypothèses émises lors du XXVe Congrès International de la Population qui se clôt ce samedi à Tours, peu sont aussi incontestables. Le phénomène est mécanique à partir du moment où le taux de fécondité baisse dans la plupart des pays et où l’espérance de vie, à l’inverse, augmente majoritairement. Et la tendance paraît inéluctable, tant elle repose sur des bases solides, les progrès de la science et de l’éducation notamment.
C’est là une excellente nouvelle. L’allongement de la durée de la vie répond à un très vieux rêve de l’homme. Mais il ne va pas manquer de susciter des problèmes d’ordre économique. Les personnes actives de 15 à 65 ans, qui assurent aujourd’hui l’essentiel de la production des richesses, devront soutenir financièrement des aînés beaucoup plus nombreux, et des personnes qui, quels que soient les progrès de la médecine, nécessiteront globalement davantage de soins que la moyenne de la population.
Selon les démographes, la solution passera par une première révolution: une élévation sensible de l’âge de la retraite. Ce développement impopulaire n’est pas irréalisable, rappellent-ils, étant donné l’accroissement du tertiaire et l’amélioration de l’état de santé des seniors. Mais le problème est plus large que cela. Comment, par exemple, notre société garantirait-elle des emplois aux plus de 65 ans alors qu’elle n’arrive pas à en distribuer suffisamment aux plus de 55 ans?
Redéfinir les relations entre générations
«Nous devons cesser de considérer le vieillissement seulement comme un problème de financement des retraites ou d’emploi des travailleurs âgés, a déclaré cette semaine à Tours le commissaire européen à l’Emploi, aux Affaires sociale et à l’Egalité des chances Vladimir Spidla. Le vieillissement concerne toutes les tranches d’âge, il affecte l’ensemble de l’économie et de la société et impose de redéfinir les relations entre générations.»
Comment cela? «La distinction actifs-non actifs est destinée à évoluer, avance Gilles Pison, directeur de recherche à l’Institut national d’études démographiques (INED), à Paris. Il n’y a pas de raison de perpétuer éternellement un découpage de la vie en tranches, avec une première période consacrée exclusivement à la formation, une deuxième au travail et une troisième au repos.»

