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Médecine de pointe: la discussion continue


Vendredi 26 août 2005

Médecine de pointe: la discussion continue

Réuni à Berne pour tenter de colmater les brèches ouvertes dans son unité par le refus zurichois de ratifier la Convention sur la planification de la médecine de pointe, le comité directeur de la Conférence des directeurs de la santé (CDS) a dû constater des divergences persistantes – mais ne désespère pas de les aplanir. «La question principale, résume Franz Wyss, secrétaire central de la CDS, est celle des mécanismes de décision à mettre en place. Les discussions qui s’ouvrent détermineront si ces mécanismes doivent être adaptés.»

La Convention pour la coordination de la médecine hautement spécialisée définit un certain nombre de domaines où la planification est souhaitable, et les procédures à suivre pour cette planification. Elle a déjà été ratifiée par plusieurs cantons mais a buté, au milieu de l’été, sur un brusque refus zurichois. Refus de renoncer à pratiquer des greffes du cœur selon un accord élaboré en marge de la convention. Et refus de ratifier un texte qui oblige Zurich à composer, en matière de planification hospitalière, avec Berne et Bâle. Un seul centre médical de pointe, avait alors asséné Verena Diener, la directrice zurichoise de la Santé, suffit pour la Suisse alémanique.

Inacceptable pour les deux autres cantons alémaniques possédant des hôpitaux universitaires, Bâle et Berne, cette position l’est également pour la CDS, a précisé son comité directeur. Mais la discussion semble possible sur une demande alternative de Zurich: un poids plus important des grands cantons dans les décisions.

«On peut explorer cette voie, admet Pierre-Yves Maillard, directeur vaudois de la Santé. En sachant qu’elle pose toute une série de problèmes. Il n’est pas sûr que les petits cantons ratifient une convention ainsi modifiée. Mais surtout, on peut déplorer que Zurich soulève la question maintenant, après plusieurs années de discussions sur le texte de la convention.»

Zurich aura le dernier mot

La CDS se donne jusqu’au 24 novembre, jour de son assemblée générale, pour trouver une solution. Franz Wyss se montre confiant: il y a de «bonnes chances», estime-t-il, que la convention survive à la tempête soulevée cet été. Pierre-Yves Maillard est plus hésitant. Et plus critique envers les revirements zurichois. «Quand on voit comment se sont passées les choses cet été, on ne sait plus quoi penser. Zurich a pris prétexte, pour tout remettre en question, du refus genevois de renoncer à pratiquer des greffes à partir de donneurs vivants. Mais ce refus était justifié: le fait d’être dans sa région linguistique est important pour le donneur, qui doit être entouré, et Genève, pratiquant régulièrement des greffes à partir d’un donneur décédé, offre toutes les garanties de sécurité au receveur. L’Office fédéral de la santé publique a d’ailleurs accepté de rembourser les greffes pratiquées à Genève.»

Appuyé par les cantons de Suisse centrale, isolé pour le reste, Zurich détient le dernier mot: sans sa ratification, la convention ne peut pas exister. A une réserve près: en l’absence d’accord des cantons, la Confédération pourrait être amenée à intervenir. Une issue que personne, pas même Verena Diener, ne dit souhaiter.