Respect de la sphère privée menacé?

Mercredi 26 octobre 2005
Au cours de la phase de consultation, lancée en 2002 par Pierre-François Unger, Santésuisse – l’organisation faîtière des assureurs maladie – s’est montrée favorable à e-toile «qui doit permettre d’éviter les doublons et la surmédicalisation». Mais le réseau informatique médicale a immédiatement soulevé certaines interrogations. La principale crainte se rapporte au respect de la sphère privée. «Comment définir quelles informations sont nécessaires? Et par qui?» s’inquiète la Fédération romande des consommatrices. «Le malade est l’unique propriétaire de son dossier médical, rassure Pierre-François Unger. C’est lui, avec l’aide de son médecin de confiance, qui décide quel praticien a accès à quelle information. Pas de Big Brother médical en vue. » En cas d’urgence toutefois, si la vie ou la santé d’un patient est menacée, tout médecin rattaché au réseau est habilité, avec sa seule clé d’accès, à consulter les données médicales.
L’Association des médecins de Genève (AMG) «s’était prononcée à une courte majorité contre ce projet», rappelle son secrétaire général Pierre Chavier. «Des réserves avaient alors également été formulées sur la protection des données, mais aussi sur le coût du système et l’obligation d’adhérer. »
Cet aspect contraignant est finalement passé à la trappe: les patients et les prestataires de soins seront libres d’adhérer ou non au réseau e-toile.
Enfin, tout en s’opposant, lui aussi, au caractère obligatoire du réseau, le groupement de défense des patients Forum Santé avait, pour sa part, dénoncé un projet «pharaonique et totalement disproportionné par rapport à l’amélioration escomptée». Ce groupement mettait concrètement en évidence «la pénétration très limitée auprès de la population âgée, qui constitue la part essentielle des patients».

