Un petit clic informatique et votre vie médicale apparaît!

Mercredi 26 octobre 2005
On en parle depuis des années. Mais cette fois-ci, l’idée d’accéder à l’ensemble de ses épisodes médicaux, grâce à une simple carte à puce, va peut-être devenir réalité. Le projet de réseau communautaire d’informatique médicale e-toile vient en effet d’être déposé au Grand Conseil.
Si les députés donnent leur aval, le pékin y gagnera en maîtrise de son parcours médical; le prestataire de soins devrait, quant à lui, y trouver son compte en disposant du dossier général de son patient. Ainsi, plus besoin, par exemple, de solliciter un confrère pour qu’il lui envoie une radio. Un simple clic sur son ordinateur et l’image apparaît…
Unger, acquis et déterminé
Patron du Département de l’action sociale et de la santé (DASS), Pierre-François Unger est complètement acquis à cette idée «révolutionnaire». L’élu démocrate-chrétien comptait d’ailleurs bien la concrétiser en 2004… mais les problèmes financiers de l’Etat en ont décidé autrement.
Qu’à cela ne tienne, le responsable du DASS est encore plus déterminé aujourd’hui. D’abord parce que le dossier médical informatisé devrait permettre d’éviter la multiplication des examens inutiles et le tourisme médical; ensuite parce qu’il devrait garantir une meilleure sécurité en terme de choix thérapeutiques par un accès rapide aux données. On pourrait notamment en finir avec des prescriptions médicamenteuses hasardeuses…
«Soixante à cent cinquante millions d’économies»
E-toile devrait enfin être un précieux outil de maîtrise des coûts de la santé. «Ce n’est pas un but en soi, mais un bénéfice bienvenu», commente Pierre-François Unger. «On parle de 60 à 150 millions d’économies par an, notamment grâce à la réduction des examens doublons et à la télétransmission des frais administratifs. » Mais c’est surtout la sécurité accrue des patients qui motive les défenseurs d’e-toile. Médecin-chef du Service d’informatique médicale des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et responsable du comité scientifique et technique de la Fondation IRIS — qui gère le projet — le professeur Antoine Geissbuhler souligne que depuis une dizaine d’années, «on s’est rendu compte des dégâts que pouvait entraîner la fragmentation des soins. Des erreurs médicales sont ainsi responsables de 50 000 à 100 000 décès par an aux Etats-Unis».
Selon le spécialiste, «e-toile devrait permettre aux médecins d’améliorer la qualité de leurs diagnostics et de limiter les risques d’erreurs en obtenant toutes les informations dont ils ont besoin».
Autant de raisons pour aller de l’avant avec ce réseau et rejoindre ainsi la Slovénie ou la Lombardie, pionniers en la matière. L’Allemagne, la France et les Etats-Unis semblent d’ailleurs, eux aussi, vouloir mettre les bouchées doubles pour rattraper leur retard. Alors, à quand un réseau accessible instantanément partout dans le monde?

