Les bons risques sont cernés!

Vendredi 28 octobre 2005
PUBLICITÉ Les caisses maladie dépensent des millions pour attirer les jeunes gens en bonne santé
A la gare de Genève, mardi, l’assureur Visana draguait le chaland. Des sachets de bonbons étaient offerts, ainsi qu’un dépliant avec un week-end en Espagne à gagner. «Nous devons être inventifs, car nos concurrents ne dorment pas!» explique Thomas Gammenthaler, chef du secrétariat général de la caisse.
Au même moment, Helsana squattait la gare de Lausanne. Au menu: distribution de paquets de müesli et. . . concours pour gagner «des vacances de rêve»! Mardi toujours, le Groupe Mutuel s’offrait de grandes plages d’annonces dans la presse. Les exemples du matraquage publicitaire orchestré par les assureurs ne manquent pas. Même à la maison, on n’y coupe pas: la pub de la CSS présentant un môme en prof d’université est diffusée en boucle sur la TSR. . .
Quelle que soit sa stratégie, chaque assureur veut se démarquer. Mais combien coûte ce déluge publicitaire payé avec nos primes? Au Groupe Mutuel, on ne dévoile pas de chiffres. La CSS déclare un budget de 2,5 millions, «entièrement financé par les complémentaires. Soit environ 3 francs par assuré par an», relativise la porte-parole, Céline Reymond. Christian Beusch, patron de la communication d’Helsana, annonce 12 millions «pour l’ensemble de la communication et du marketing, y compris les bulletins envoyés à notre 1,6 million d’assurés». Chez Visana, la somme allouée à la pub représente 1,2 million environ.
Comme nous avons jusqu’au 30 novembre pour changer d’assurance de base, chaque caisse dilapide la majeure partie de son budget publicitaire en automne. Le jeu en vaut-il la chandelle, alors que moins de 4% des Suisses changent de caisse chaque année? «Il y a tout de même plus de 300 000 personnes qui changent de caisse, et en grande majorité, ce sont des clients intéressants, jeunes et en bonne santé», reconnaît franchement Thomas Gammenthaler, de Visana.
Ceux qui changeront d’assurance de base sont donc des «bons risques». Dans sa campagne, la CSS vise les jeunes familles avec enfants. En se concentrant sur les gares, Helsana et Visana ciblent les pendulaires, des personnes en âge d’étudier ou de travailler. Dans tous les cas, il n’y a aucun risque que les retraités malades se sentent concernés. . .

