< | >

La hausse des primes maladie va connaître un répit


Mercredi 23 novembre 2005

Assureurs Les caisses doivent rééquilibrer leurs réserves entre cantons. A Genève, l’effet sera notable.

Pierre-François Unger a fait ses calculs: en forçant les caisses maladie à rééquilibrer le montant de leurs réserves, comme le réclame Pascal Couchepin, on épargnera aux Genevois 2,1 ou 2,2% d’augmentation de leurs primes, et ceci pendant cinq ans. Ce qui revient à dire que lorsque le «lissage» des réserves sera effectif, une hausse comme celle de 2006 — 3,6% — sera minime. «C’est très appréciable», souligne le conseiller d’Etat chargé de la santé, qui précise: «A Genève, les caisses ont 128 millions de francs de réserves de plus que ce que la loi exige, soit 323 francs par personne. C’est faramineux!»

Excès de zèle

Surtout si l’on sait que cet argent vient directement de la poche des assurés, qui ont payé des primes supérieures aux montants réels des dépenses de santé. Certaines années, les assureurs ont, par excès de zèle, effectué des provisions trop importantes.

En 2002, la hausse des coûts est de 1,8% et l’augmentation des primes de 8,2%. La tendance se confirme en 2003, avec un accroissement des frais réels de 1,5%, alors que le versement à l’assurance de base s’alourdit, lui, de 7%. En 2004, les primes ont cette fois été plus légères (+ 2, 3%) que la facture (+ 4, 2%). «Il n’en reste pas moins que dans les comptes 2004, poursuit Pierre-François Unger, le taux de réserves des 27 caisses actives est de 25,4%, lorsque la moyenne nationale est à 16,6%. »

Si Vaud et Zurich connaissent une situation semblable à celle de Genève, avec respectivement 186 et 283 millions de francs de réserves excédentaires, certains cantons comme Berne (-142 millions) et Neuchâtel (-112 millions) disposent de provisions largement inférieures aux exigences légales. Pascal Couchepin a donc posé lundi ses exigences: l’Office fédéral de la santé publique, lorsqu’il approuve le montant des primes fixé d’année en année par les caisses, est désormais prié de considérer les réserves par canton, et non plus pour l’ensemble du territoire national. On se rapprochera ainsi d’un système où les assurés paient pour leurs dépenses réelles de santé, ni plus ni moins.

Pascale ZIMMERMANN