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La malbouffe privée de pub


Lundi 28 novembre 2005

BERNE Comment protéger les enfants contre un surpoids? Le ministre de la Santé planche sur une interdiction de la promotion des aliments qui font grossir

«Ce que je vois, je le veux. » Voilà le raisonnement attribué aux enfants gavés par la télévision. Or deux tiers des spots publicitaires qui leur sont adressés vantent des aliments dont les teneurs en sucre et en graisse sont trop élevées dans 80% à 100% des cas! Dans le cinquième rapport sur l’alimentation que le ministre de la Santé, Pascal Couchepin, présentera le 5 décembre prochain, les nutritionnistes n’y vont pas avec le dos de la cuillère: ils préconisent une interdiction de publicité pour les aliments qui font grossir.

L’industrie alimentaire craint qu’un jour on compare le hamburger à la cigarette: elle veut anticiper un interdit en limitant la publicité ciblée sur les enfants et en distribuant des jeux éducatifs. Même si, selon le codirecteur de la Fédération des industries alimentaires suisses, Franz U. Schmid, «il n’y a pas de bons ou de mauvais aliments, mais une bonne ou une mauvaise façon de se nourrir».

Dévoilé par la SonntagsZeitung , le rapport de 1000 pages qui dictera la marche à suivre pour sept ans a été rédigé par des pontes universitaires de l’alimentation, comme le physiologiste lausannois Yves Schutz ou le spécialiste zurichois Paolo Suter. Pour eux, le combat contre l’obésité passe par la prévention: pour un obèse, redevenir mince tient du miracle.

Deux millions de Suisses souffrent d’un surpoids et un enfant sur dix est obèse avec des artères trop épaisses dès l’âge de 4 ans. La nouvelle génération risque des accidents cardiovasculaires, et comme l’a dit récemment au «Matin dimanche» une spécialiste genevoise en médecine du sport pédiatrique, «il se pourrait bien que nombre de ces enfants meurent avant leurs parents».

En tenant compte des conséquences indirectes que sont le diabète, la dépression, les troubles cardiaques ou la surtension artérielle, l’obésité coûte chaque année entre 2,1 à 3,2 milliards de francs.

Vincent Donzé