Révolution dans les hôpitaux: les prestations seront facturé
Révolution dans les hôpitaux: les prestations seront facturées au forfait par cas

Mardi 20 décembre 2005
SUISSE Santé. Tous les hôpitaux suisses appliqueront dès 2008 la même tarification, selon un modèle allemand: une enveloppe financière sera attribuée à chaque cas. Ce système permettra davantage de transparence et des comparaisons fiables entre établissements hospitaliers.
Tous les hôpitaux suisses appliqueront dès 2008 la même tarification, selon un modèle allemand: une enveloppe financière sera attribuée à chaque cas. Ce système permettra davantage de transparence et des comparaisons fiables entre établissements hospitaliers.
«Les parlementaires peuvent disserter à longueur d’années sur le financement des hôpitaux — moniste, dual fixe, dual flexible. . . — mais ce qui va réellement faire avancer les choses, c’est cette nouvelle tarification unifiée. » Le verdict de Michael Jordi, chef du domaine Economie de la Conférence suisse des directeurs cantonaux de la santé, met en évidence l’importance de la décision qui vient d’être prise par tous les acteurs du système de santé (cantons, hôpitaux, médecins, assureurs santé, ainsi qu’assureurs militaire et invalidité). Dès 2008, tous les hôpitaux suisses appliqueront le même mode de facturation de leurs prestations. Une enveloppe sera attribuée à chaque cas.
«Imaginez un tiroir pour chaque acte, qui sera placé là sur la base du diagnostic et de procédures clairement définies», expose l’économiste de la santé. «Ensuite, on pondère. Dans chaque tiroir, on crée des subdivisions, en fonction par exemple de l’âge du patient et de facteurs médicaux pouvant aggraver sa maladie, donc rendre son traitement plus long et plus coûteux. » Par contre, les frais inhérents à un hôpital universitaire — comme la recherche et la formation — ne devraient pas être considérés comme des facteurs de pondération. Pas plus que le niveau de vie de la région où se trouve l’hôpital.
L’architecture et l’aménagement intérieur des «tiroirs» seront déterminés sur la base d’un millier de cas par acte, observés dans 40 hôpitaux du pays. Un travail de Titan, pour lequel il existe toutefois un modèle. La tarification unifiée choisie est la copie conforme d’un système en vigueur en Allemagne.
Certains cantons, comme Vaud, ont déjà passé au paiement à l’acte. Dans d’autres en revanche, la tâche sera longue et compliquée. Au point que l’entrée en vigueur de la nouvelle tarification en 2008 frise l’irréalisme.
De nombreux établissements en effet facturent encore leurs prestations par un forfait journalier. Dont Genève. «Mais nous avons pris les devants, souligne Pierre-François Unger, le patron de la santé publique. Tout est déjà en place, mais. . . selon un autre modèle. » Pas de chance! Le système qui a été choisi n’est pas celui qui avait la préférence des cantons romands et du Tessin. Des frais supplémentaires en vue.
Pierre-François Unger se réjouit de cette tarification unifiée, gage de transparence et bon outil de comparaison fiable entre les différents hôpitaux. Il doute toutefois que l’on tienne là le remède miracle pour maîtriser la hausse des coûts. Un avis que ne partage pas Michael Jordi: «Le nombre moyen de journées d’hospitalisation va forcément diminuer, puisqu’il n’y aura plus d’incitation à garder un patient longtemps parce qu’il paie au forfait journalier. »
Pascale Zimmermann

