< | >

Genève se prépare à braver la grippe aviaire


Mardi 24 janvier 2006

Catastrophe Le canton prépare un plan spécial en cas de pandémie.

C’est une bonne chose de faite, le plan d’action contre la grippe aviaire de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) est au point. Il a envoyé sa directive à tous les médecins suisses en octobre dernier. Le programme donne des indications très précises en cas de survenue d’un cas humain de grippe aviaire. En outre le service bernois évalue régulièrement la situation.

Reste encore à mettre au point celui en cas de pandémie. Et là, le Service genevois de la santé y travaille depuis plus d’un an et demi. Il doit rendre son rapport d’ici la fin mars. Différents scénarii sont étudiés mais Philippe Sudre, médecin cantonal délégué pour les maladies transmissibles, et responsable du dossier, est clair: «Aucune décision ne sera prise tant que nous ne saurons pas à quel virus nous sommes confrontés. »

Alors on échafaude, on concocte, on prévoit: «Pour l’instant, nous établissons des hypothèses de travail. On ne peut pas encore dire si l’on va fermer les écoles, les crèches, l’Université ou encore interdire les manifestations même s’il est vrai que c’est à l’étude. »

Et qu’en est-il des médecins genevois, seront-ils tous réquisitionnés? Et durant combien de temps? Philippe Sudre prévient: «C’est un plan très pragmatique. Nous ne pourrons agir que lorsque nous connaîtrons notre ennemi. » Idem pour les centres de Protection civile. Ils ne seront ouverts que si cela se révèle nécessaire.

C’est pour tenter de répondre à toutes ces questions que le dispositif contre la pandémie intègre un très grand nombre de corps de métier et d’institutions, comme l’hôpital, la police ou les responsables d’EMS. Mais attention, pas question de figer le plan. «Il nous faudra évidemment réagir en fonction de l’évolution de la situation et de la crise. Si elle arrive, ce sera progressif sur plusieurs semaines», avertit le médecin cantonal.

Bénéficiaires du Tamiflu

Aujourd’hui, la Suisse se trouve en phase 3. Elle est prévenue de l’existence d’un nouveau virus dangereux pour l’être humain mais qui ne passe pas de l’homme à l’homme. Le plan sera déclenché quand on entrera en phase 5, celle de la transmission répétée de la nouvelle souche de personne à personne au sein d’une même famille. La phase supérieure et la dernière est celle de la pandémie. Le virus s’étend alors sur un ou plusieurs continents. En cas de nécessité absolue, les personnes indispensables pourraient être réquisitionnées.

Reste encore la question du Tamiflu. L’OFSP étudie la possibilité de transformer cet antiviral, actuellement conditionné en poudre, sous forme de comprimés. Une forme qui simplifiera son utilisation. Quant à savoir quels en seront les premiers bénéficiaires, l’OFSP l’a prévu dans son plan pour la «grippe aviaire» anticipant partiellement une éventuelle pandémie. La priorité sera donnée au traitement de tous les malades et la prévention au personnel médical et soignant, suivi des personnes travaillant pour les forces de l’ordre, les transports, les communications ou encore l’approvisionnement en énergie, eau potable et denrées alimentaires.

Emmanuelle Drevon