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La pneumonie nécessite parfois une hospitalisation


Mardi 28 février 2006

Santé La vaccination contre cette infection n’est aujourd’hui préconisée que chez les malades à risques.

Comment se manifeste cette maladie infectieuse des poumons? Est-elle contagieuse? Les explications du professeur Thierry Rochat, chef du Service de pneumologie à l’Hôpital cantonal.

Définition. Le plus souvent d’origine bactériologique (pneumocoques, streptocoques pneumoniae), elle est caractérisée par l’inflammation d’un lobe du poumon: celle-ci entraîne l’accumulation d’un liquide riche en protéines dans les alvéoles.

Symptômes. Le patient a une poussée de fièvre, il tousse et ses expectorations sont abondantes. A ces signes cliniques s’ajoute la présence d’une opacité pulmonaire apparente sur la radiographie. Selon les statistiques, 12 personnes sur 1000 contractent annuellement une pneumonie. A noter que si l’affection sévit toute l’année, elle est particulièrement fréquente en hiver. Car l’organisme a souvent fait l’objet d’attaques virales des voies respiratoires supérieures.

Indices de gravité. La pneumonie nécessite une surveillance accrue chez certaines populations. Soit les personnes âgées et celles qui sont déjà atteintes d’affections chroniques (insuffisance cardiaque ou rénale par exemple). Dans les cas de fièvre très élevée (40 ou plus), de confusion mentale ou de délire, le malade devra être hospitalisé.

Prévention. Contrairement à une idée largement répandue, cette infection n’est pas contagieuse. Il faut d’ailleurs noter que la plupart du temps les germes de la pneumonie se logent dans la gorge sans provoquer la moindre manifestation (porteur sain). Ce n’est que lorsque l’organisme est plus vulnérable (système immunitaire paresseux) que le germe glisse dans le poumon et provoque l’inflammation. Il n’existe qu’un seul vaccin permettant d’endiguer le pneumocoque (bactérie la plus courante). Cette prévention n’est cependant administrée qu’aux personnes à risques (notamment immunodéficientes).

Traitement. Les antibiotiques constituent le seul remède efficace contre l’affection bactérienne. En principe, les médecins prescrivent durant cinq à sept jours des antibiotiques à large spectre. Il faut en effet savoir que l’analyse des expectorations du malade ne permettrait pas d’identifier la nature du germe et par conséquent la parade la mieux adaptée. Les mucosités contiennent une quantité trop importante de microbes pour pouvoir isoler celui qui a déclenché la pneumonie. Normalement, trois jours plus tard, le malade doit ressentir une amélioration de son état. Dans le cas contraire et pour éviter toutes complications, le malade pourra être admis en milieu hospitalier.

Adelita Genoud