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Le coup du lapin se multiplie


Mercredi 29 mars 2006

ASSURANCES En cinq ans, les coûts relatifs à ce traumatisme cervical ont augmenté de 70%. La Suisse alémanique plus touchée que la Suisse romande

Le coup du lapin est de plus en plus courant lors d’accidents et coûte de plus en plus cher. Une récente étude du Comité européen des assurances (CEA) vient de déterminer que les coûts pour les RC en Suisse ont augmenté de 70% ces cinq dernières années. Bien sûr, le traumatisme, de son nom scientifique «lésion bénigne du rachis cervical», n’est pas toujours facile à diagnostiquer et peut attirer les simulateurs. En juillet dernier, la police zurichoise révélait l’existence d’une bande, composée de neuf personnes des Balkans, qui avait escroqué un demi-million de francs en rentes AI et indemnités journalières sur la base de carambolages simulés. «Nous partons pourtant du principe que les simulations restent un phénomène marginal, expliquait hier Maude Rivière, de la Winterthur Assurances. Bien que nous n’ayons pas de chiffres précis à ce sujet. »

Pour la Winterthur, qui fait partie des assurances nationales des 32 pays ayant pris part à l’étude du CEA, les raisons de l’augmentation sont ailleurs. L’augmentation du trafic, qui entraîne une augmentation des cas, et une plus grande sensibilisation au phénomène du «coup du lapin» ces dernières années ont fait grimper le nombre des diagnostics. «Autre paramètre incontournable, l’augmentation continuelle des coûts de la santé publique», ajoute Maude Rivière.

Mais la disparité entre la Suisse romande et la Suisse alémanique est de taille. Un coup du lapin coûte quelque 23 000 francs aux assurances de la partie francophone du pays alors que la moyenne se situe autour de 78 000 francs de l’autre côté de la barrière de rösti. «La Suisse alémanique est beaucoup plus sensibilisée aujourd’hui que la Suisse romande au phénomène du coup du lapin, notamment à cause de nombreux articles de presse parus sur le sujet et l’existence d’associations qui défendent les intérêts des victimes», a encore révélé la porte-parole de la Winterthur.

Reste que selon le CEA, le coup du lapin vaut 54 000 francs pour l’ensemble de la Suisse, et sa présence est aujourd’hui de l’ordre d’un cas tous les trois accidents de voiture ayant entraîné des blessures chez les occupants des véhicules. A titre de comparaison, le traumatisme cervical coûte en moyenne seulement 14 000 francs par cas dans le reste de l’Europe.

Victor Fingal