Non aux primes de la honte!

Mercredi 29 mars 2006
Dialogue
Genève, 25 mars. — Plusieurs caisses d’assurance maladie ont récemment proposé des rabais dans l’assurance complémentaire, moyennant renonciation aux prestations touchant notamment à l’avortement, à la fécondation in vitro et aux cures de désintoxication. Cette discrimination menace la solidarité entre générations, sexes et classes. Entre les générations: les jeunes femmes seront plus pénalisées que les plus âgées puisque, passé un certain âge, les femmes ne sont plus susceptibles d’enfanter et donc d’avorter ou de faire un diagnostic prénatal. Entre les sexes: les femmes plus que les hommes, puisque ce sont elles qui sont directement visées par la possibilité ou non d’avorter ou de devoir faire faire un diagnostic prénatal. Entre les classes: la pression qui s’exerce sur les classes les moins rémunérées pour payer leur assurance maladie, dont le coût est exponentiel, risque d’être renforcée par un accès différencié entre les plus pauvres et les plus riches.
En ce qui concerne le traitement substitutif à la méthadone, les couches populaires devraient probablement y renoncer, ce qui reviendrait à un abandon pur et simple de «nos» enfants en traitement! Avec de telles pratiques, l’assurance maladie et la médecine à deux vitesses, donc discriminatoires, sont hélas en bonne voie!
Martine Sumi-Viret

