«On doit sans arrêt se justifier»

Jeudi 30 mars 2006
«On ne veut pas que les assurances décident comment nous devons soigner les patients. » Cette année, cela fera tout juste dix ans que le Dr Daniel Bally, 45 ans, s’est installé comme généraliste à Lausanne. Un choix décidé alors qu’il œuvrait comme médecin délégué du CICR au Koweït. «Parce que c’est la dimension humaine qui prime dans ce type de médecine, pas le diplôme. L’établissement de la relation de confiance avec le patient constitue un moment magique. »
En ville, explique le Dr Bally, le généraliste travaille en collaboration étroite avec ses confrères spécialistes. Bien organisées et prisées par certains médecins qui en déchargent ainsi d’autres, les gardes ou les urgences ne font plus du métier de généraliste une activité incompatible avec une vie de famille, estime le Dr Bally. Pourtant le praticien ira samedi à Berne (avec sa fille de 8 ans!). «Les conditions se sont péjorées. On se retrouve en permanence à devoir se justifier pour chaque décision. Santésuisse (n. d. l. r. : l’association des assureurs) m’a écrit pour me dire que j’étais trop cher: en labo, en physio. C’est pourtant nous qui avons les compétences et le savoir médical. » Le Dr Bally n’est pas certain que la mobilisation de samedi débouchera sur quelque chose au niveau politique. «Mais sans doute augmentera-t-elle encore le capital de sympathie que nous avons déjà auprès de nos patients. » Le généraliste lausannois est convaincu de la nécessité d’aller manifester. «Nous devons sortir du bois et clamer que nous restons le pilier de la santé globale. »
F. BG

