Accès au Tamiflu: problème à régler

Jeudi 30 mars 2006
SUISSE Santé publique. Comment le Tamiflu sera-t-il distribué si le virus H5N1 mute et s’attaque à l’homme? Cantons et Confédération veulent se mettre d’accord. Ils en parlent aujourd’hui à Berne.
S’il faut, un jour, assurer une distribution massive de Tamiflu, quelle stratégie sera la plus efficace? Mettre sur pied une organisation spéciale comme le prévoit le canton de Vaud? Passer par les pharmaciens comme l’envisage Genève? Recourir aux médecins installés qui ont l’habitude de dispenser les médicaments comme le prévoient de nombreux cantons alémaniques?
Jusqu’ici, en Suisse, la question n’a pas été tranchée. Trouver une solution au niveau national est justement l’un des objectifs de la rencontre d’aujourd’hui à Berne entre le comité de la Conférence des directeurs cantonaux de la santé (CDS), le conseiller fédéral Pascal Couchepin et des hauts fonctionnaires de l’Office fédéral de la santé publique.
Selon Franz Wyss, le secrétaire central de la CDS, la décision à propos des «canaux de distribution» est la plus importante qui reste à prendre en ce qui concerne le Tamiflu. Pourtant, il y a encore au moins un point de divergence, c’est la forme sous laquelle le médicament est stocké. Actuellement, dans les entrepôts de Roche, à Bâle, 80% des réserves nécessaires pour traiter le 25% de la population sont conservés sous forme de poudre, destinée à l’origine à être transformée en solution buvable, le reste en comprimés. Or, certains cantons, dont Vaud et le Valais, ont préféré constituer une réserve propre sous forme de comprimés, pour «tenir» au début de la crise. Neuchâtel pourrait bientôt les imiter, par crainte que le médicament tarde à parvenir rapidement partout en Suisse.
Du coup, Berne a négocié avec Roche. Non pas pour transformer ses stocks de poudre en comprimés — c’est plus coûteux et le délai de conservation passe de onze à cinq ans — mais pour que l’entreprise s’engage à transformer la poudre en comprimés si la pandémie menace. Cette solution sera discutée aujourd’hui.
Anne Kauffmann

