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La médecine de famille aux urgences


Jeudi 30 mars 2006

«Mon médecin de famille va prendre sa retraite. Comment vais-je faire?» Il est la mémoire, le confident, celui qui écoute, soigne et rassure lorsque le corps fait mal ou que l’âme a du vague. Cela n’a pas de prix. Et pourtant ça coûte trop cher, entendent-ils de tous côtés. Parce que les médecins généralistes considèrent que la pression économique met désormais en péril l’exercice de leur métier, et donc la bonne santé des patients que nous sommes tous, ils descendront dans la rue ce samedi à Berne. Un événement pour ces hommes et ces femmes généralement plus à l’aise dans l’intimité de leur cabinet que sur la voie publique.

Justement. C’est peut-être pour avoir été trop discrets, parfois indifférents, voire méprisants, face aux contingences bassement matérielles, qu’ils n’ont pas toujours été consultés sur nombre de décisions liées à la santé. Conscients de leurs erreurs, ils souhaitent que cela change. C’est donc pour dire qu’ils veulent être écoutés, et si possible entendus, qu’ils ont pris le pari, pas forcément populaire, de manifester.

«Nous, médecins, devons montrer que notre travail est efficace et de bonne qualité et que nous nous comportons de manière transparente avec l’argent», affirme Jacques de Haller, le président de la Fédération des médecins suisses, qui prône «une discussion empreinte de respect» entre tous les partenaires.

De la considération et de la reconnaissance pour une médecine au long cours certes moins prestigieuse que celle de pointe, mais essentielle pour la santé et le bien-être de chacun: voilà ce que réclament nos médecins de famille. Une démarche légitime. Qui, plus concrètement encore, signifie qu’il est nécessaire d’investir dans la formation pour susciter des vocations (sinon la pénurie menace) et primordial de garantir que les exigences d’économie ne l’emportent sur celles de qualité et d’humanité.

FRANCINE BRUNSCHWIG