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Les patients volent au secours des généralistes


Vendredi 31 mars 2006

Opinions

LA QUESTION DU JOUR – L’inquiétude des médecins de famille pour l’avenir de la profession est largement partagée. Et les assureurs, comme les politiciens, sont montrés du doigt.

Les médecins de famille sont indispensables. Il faut arrêter de les traiter tels des profiteurs en leur imposant le système de facturation Tarmed, bureaucratique et coûteux. Il est incompatible avec l’accueil et l’écoute. Pour freiner l’escalade des coûts, nos politiciens doivent exiger plus de transparence dans les comptes des caisses maladie ou opter pour une caisse unique.

MARTINE ÉMERY, LAUSANNE

Sans mon généraliste, je serais à ce jour décédé d’un cancer.

ROLAND MORIER, BLONAY

Les travaux administratifs, les contrôles tatillons des assurances tueront les plus décidés. Le choix d’être un généraliste peut être assimilé à une vocation. Est-ce que l’on demande à un pasteur de minuter ses interventions, justifier ses visites?

BERNARD TEDESCHI, POLIEZ-PITTET

Je trouve que c’est un canular car pour une simple ordonnance donnée par téléphone on vous facture 40 francs, et cela en cinq minutes.

CLAUDE-ALAIN TERRIN, SAINT-IMIER (BE)

Nous n’avons pas seulement besoin de graphiques et de statistiques mais quelquefois de réconfort. S’entendre dire que ce n’est pas si grave fait beaucoup de bien. Ces quelques mots valent de l’or.

WALTER DELLSPERGER, LUTRY

Oui, tout à fait! Plus de la moitié des médecins que je connais ont entre 50 et 60 ans.

BÉATRICE ROUECHE, CHAVANNES-PRÈS-RENENS

Si le généraliste n’a plus de patients à traiter, il en est lui-même responsable puisqu’il se contente de contrôler la tension artérielle et le fonctionnement de votre organisme pour vous envoyer chez un spécialiste. Je souhaite que beaucoup de généralistes retrouvent la confiance que de tout temps on leur a accordée.

ANDRÉ-XAVIER TERCIER, VEVEY

Les pressions politiques, économiques et médiatiques ont «soviétisé» la pratique de la médecine, mais… à la sauce américaine! Un médecin passe plus de 30% de son temps, au bas mot, à obéir à des stupidités administratives. Tarmed est un véritable autogoal social.

SERGE MONNEY, LAUSANNE

On a la chance d’avoir une excellente médecine de premier recours. Lorsque mes parents étaient malades au fin fond de la France et en Italie, il fallait savoir à qui téléphoner pour le «basique» que chaque médecin donne ici. C’est ce qui nous pend au nez si les assurances et les politiques continuent à harceler les médecins.

ALLEGRA CHAPUIS, LAUSANNE

Les augmentations de cotisations mènent à l’abus de la demande de soins de la part de certains patients et ce sont eux qui devraient en assumer les conséquences. Le médecin généraliste ne devrait pas être soumis à cette pression des coûts, car probablement il est le seul qui est en mesure de les diminuer, à condition qu’on le laisse travailler en paix.

NICOLAS D’AMICO, TREYCOVAGNES

J’ai 58 ans et je n’ai pas revu un généraliste depuis que j’ai quitté l’école. Quand on lutte soi-même, ça va tout seul.

BERNARD OESCH, LAUSANNE

Il faudrait que nos caisses d’assurance commencent à effectuer des économies. Le médecin de famille est encore une personne de contact. Les urgences sont débordées, les soins en lieu hospitalier sont à la restriction.

JEAN-LOUIS JAYET, LAUSANNE

Depuis que M. Couchepin a laissé les assureurs prendre le pouvoir dans le domaine de la santé, il n’y a plus rien de bon à attendre ni pour les assurés ni pour les médecins. Seuls les financiers qui gravitent autour des caisses en sortiront gagnants.

YVETTE BONNY, CHEVROUX