Genève rend un émouvant dernier hommage à S. Moutinot

Jeudi 27 avril 2006
La Cathédrale Saint-Pierre était pleine pour dire adieu à l’épouse du conseiller d’Etat.
Elle avait promis d’être là, elle est venue. Micheline Calmy-Rey, présente surtout en amie du couple Moutinot plutôt qu’en tant que conseillère fédérale, a assisté hier après-midi, en compagnie d’une foule de personnalités et d’amis moins connus, aux obsèques de Suzanne Moutinot en la cathédrale Saint-Pierre.
Emportée le 19 avril par la maladie, alors qu’elle n’était âgée que de 54 ans, l’épouse de Laurent Moutinot laisse trois grands enfants. Au cours d’une cérémonie sobre, mais émouvante, c’est le portait d’une femme «à la personnalité forte et rayonnante» qui est apparu.
Lumineuse aussi sans doute. Comme cette phrase de Mme Moutinot, rappelée lors du service par la pasteure Lytta Basset, au sujet de la passion pour le chant qui l’avait saisie il y a six ans: «Accoucher de sa voix, c’est un peu comme accoucher de soi-même. »
Le goût des voyages
Un frisson parcourt ensuite l’assemblée lorsque l’amie et professeur de la défunte entonne l’Ave Maria de Schubert, «le dernier chant appris et fort bien chanté paraît-il par Suzanne Moutinot».
Très loin d’avoir vécu dans l’ombre de son mari (elle refusait d’apparaître à ses côtés lors des événements officiels), Suzanne Moutinot partageait en revanche le goût du conseiller d’Etat pour les voyages.
Elle aura marqué ceux qui la côtoyaient «par sa vitalité, sa joie de vivre, son humanité, ou encore son écoute». Médecin, mère de famille, très engagée dans le milieu associatif, elle aura mené toutes ces activités en s’attirant partout sympathie et respect.
Et tous étaient là, mercredi, emplissant la cathédrale, tentant d’apporter à cette famille meurtrie un peu de chaleur et de réconfort.
Les six collègues de Laurent Moutinot bien sûr, de nombreux anciens conseillers d’Etat, mais également des avocats de l’Asloca et de nombreux amis des associations.
Eric Budry

